Ils espéraient pouvoir entériner leur projet de fusion entre les Départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine avant les élections départementales de mars 2021, elle est finalement repoussée à des horizons beaucoup plus lointains et sans calendrier défini.

Pour autant, à l’occasion du conseil d’administration de l’établissement public interdépartemental (EPI) Yvelines-Hauts-de-Seine ce mardi 16 juin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Pierre Bédier (LR), président des Yvelines, a annoncé vouloir travailler dans la continuité avec le successeur de Patrick Devedjian, tant au Département qu’en tant que président de l’EPI, Georges Siffredi (LR), et de continuer à promouvoir la fusion des deux collectivités, toujours en attente de validation par l’État, et qui sera un enjeu pour les prochaines élections départementales.

Mais avant de se réjouir de l’élection de Georges Siffredi, Pierre Bédier a souhaité faire passer un message à certains élus altoséquanais ayant exprimé des craintes, des incertitudes par rapport au projet de fusion. « Certaines mutualisations sont efficaces mais il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à la fusion », s’exprime ainsi dans les colonnes du Parisien Éric Berdoati, le maire (DVD) de ­Saint-Cloud.

« Il ne m’a pas échappé que certains d’entre nous pouvaient être tentés de construire un avenir politique sur la remise en cause de ce projet, répond alors Pierre Bédier. Quand on a un partenaire et que l’on souhaite modifier les termes de ce partenariat, on ne s’adresse pas à lui par la presse. Les Yvelines ne sont pas pour les Hauts-de-Seine un boulet. »

Un cap que Georges Siffredi, nouvellement élu, a également tenu à rappeler. « Je le dis d’emblée, l’heure n’est pas aux hésitations, aux états d’âme ou au revirement. Depuis plus de quatre ans, un temps record pour une institution publique, notre alliance Yvelines-Hauts-de-Seine a largement prouvé son efficacité », assène-t-il dans son discours d­’installation.

Le nouveau président de l’EPI ambitionne de ce projet qu’il soit « inclusif et solidaire » en permettant de « retisser des liens entre l’urbain et le rural. » Mais le président altoséquanais assume également le souhait de « peser, politiquement, sur les évolutions du Grand Paris et de rendre nos collectivités incontournables, dans la perspective d’une réforme ­territoriale à venir ».

« Je le dis d’emblée, l’heure n’est pas aux hésitations, aux états d’âme ou au revirement. Depuis plus de quatre ans, un temps record pour une institution publique, notre alliance Yvelines-Hauts-de-Seine a largement prouvé son efficacité », assène Georges Siffredi dans son discours d’installation.

Pour autant, cette fusion ne devrait pas intervenir avant a minima 2022. « Sans doute nous faudra-t-il attendre une autre mandature et peut-être un autre quinquennat, détaille Pierre Bédier. […] Pour ma part, cette fusion reste mon horizon car je suis certain que face à un statu quo intenable, elle demeure la meilleure évolution possible dans l’intérêt de nos territoires et des ­citoyens que nous administrons. »

En septembre dernier, suite à un article d’Europe 1 annonçant que l’Elysée avait donné son aval à la fusion, le cabinet du ministre des collectivités territoriales Sébastien Lecornu (LREM), avait confirmé à La Gazette qu’une rencontre avait été organisée entre les deux présidents de l’époque, et Sébastien Lecornu de même qu’entre le cabinet et les directions générales des services « pour instruire le dossier, comprendre les implications financières, humaines, etc de la fusion ».

« Le dossier ne semble pas avoir bougé depuis. Pour l’instant, le seul indicateur que j’ai, c’est le silence et le silence en l’espèce n’est jamais bon, raisonne Pierre Bédier. […] Manifestement, le sujet qu’on nous opposait qui est le sujet de la réorganisation parisienne n’est toujours pas à l’ordre du jour, et de ce fait, notre projet de fusion non plus ».

Alors que les deux Départements avaient lancé une concertation en février dernier, et que la synthèse était prévue dans le courant des mois de mai et juin, cette dernière sera reportée, au vu du calendrier. « On est là à l’été, les élections départementales démarrent, ce qu’on appelle les comptes de campagne démarrent le 1er septembre, si on fait des réunions de concertation, maintenant, à partir du 1er septembre, c’est imputable aux comptes des candidats donc c’est impossible, explique de ce report Pierre Bédier. Juridiquement et matériellement, c’est totalement ­impossible donc on est obligé de reporter. »