Au lendemain du premier tour, ils étaient quatre candidats à pouvoir prétendre au poste de maire. Ils ne seront finalement que trois à se présenter au second tour. Alors qu’il avait obtenu 11 % des voix, Sébastien Duprat (LREM) s’est finalement rallié à Cécile Dumoulin (LR, conduit une liste DVD) qui avait obtenu 29,38 % des suffrages.

Si cette fusion est justifiée par les deux intéressés par le partage d’idées communes, ils devront devancer l’édile actuel Éric Roulot (PCF) qui était arrivé en tête avec 33,29 % des votes en sa faveur. Ils espèrent également profiter du maintien de la liste de Mickaël Boutry (PCF, conduit une liste DVG) qui avait recueilli 26,30 % des suffrages exprimés, pour remporter le second tour des ­municipales.

Conscient que le maintien des deux listes de gauche pourrait faire basculer le résultat des élections en la faveur de son adversaire, le maire déclare : « Au lendemain du premier tour, j’ai sollicité monsieur Boutry afin qu’on se rencontre et qu’on retravaille un projet commun pour établir une liste commune […]. Malheureusement, sa liste a fait le choix de se maintenir contre vents et marées ».

Sur ce refus assumé de ne pas rejoindre le maire sortant, Servane Saint-Amaux, conseillère municipale d’opposition et colistière de Mickaël Boutry, affirme que, malgré des sensibilités politiques similaires, ils ne partagent pas nécessairement les mêmes projets pour la ville. « On a des désaccords politiques de fond sur les projets de la ville, comme par exemple le centre-ville, explique-t-elle. Avec monsieur Roulot, on est souvent d’accord sur les discours mais pas sur les applications. » Hospitalisé, Mickaël Boutry n’était pas en mesure de répondre aux sollicitations de La Gazette. Le candidat est finalement sorti de l’hôpital le 17 juin. Selon ses colistiers, « il va bien ».

Pour Cécile Dumoulin, si l’absence d’alliance entre les deux listes de gauche pourrait lui être favorable, elle affirme surtout que cela illustre les « querelles personnelles » entre les deux têtes de liste de gauche. « Ce n’est pas qu’on se sent plus fort dans notre démarche, déclare-t-elle. C’est qu’on est dans une position où on incarne le rassemblement et une force de proposition. On a une division [en face] donc voilà, cela donne de la cohérence [à notre liste]. »

Pourtant, l’alliance entre Sébastien Duprat et Cécile Dumoulin ne semble pas faire l’unanimité dans les listes respectives des deux candidats. Dans un communiqué du 16 juin, des colistiers de Sébastien Duprat affirment être « contre cette fusion [car ils] estiment ne pas partager les valeurs de la liste de Cécile Dumoulin » et appellent même « à ne pas voter pour la liste [menée par la candidate] ».

Interrogé sur le ressenti de ses anciens colistiers, Sébastien Duprat est formel. « Normalement, la tête de liste choisit ou est le seul responsable du choix de liste entre les deux tours […], déclare-t-il. Or, dans un soucis de démocratie et d’ouverture à l’ensemble de l’équipe, j’ai consulté tous les colistiers et j’ai fait une synthèse des consultations […]. Tout choix fait des déçus et des heureux. Maintenant, je me suis basé sur le choix général de la liste et je ne ­regrette pas du tout de l’avoir fait. »

Cet appel à ne pas voter en faveur de Cécile Dumoulin pourrait-il profiter à l’une ou l’autre des listes de gauche ? Servane Saint-Amaux l’espère : « Beaucoup se sont sentis trahis, même dans les électeurs […]. Je ne sais pas mais peut-être que, oui, cela peut jouer en notre faveur. » Du côté du maire sortant, l’analyse est plus cinglante encore : « C’est une fusion qui se crée un peu dans la débâcle […]. Je ne sais pas ce qui va se passer mais, peut-être qu’on pourra en tirer parti. Les électeurs ne comprennent peut-être pas cette alliance. »

Cécile Dumoulin est, elle, con­vaincue que l’alliance entre les deux listes de droite et du centre renforce considérablement son programme. « Lui, il incarne un peu plus l’écologie. Moi, mon relais social est plus développé […], précise-t-elle. En fait, il était logique qu’on puisse s’unir pour pouvoir proposer une véritable alternative à Limay […]. Si les électeurs ont voté pour son programme, ils se retrouvent tout à fait dans le mien. »