« Les héros sont fatigués mais toujours debout ! » Tel était le mot d’ordre véhiculé dans un tract de la CGT à l’hôpital François Quesnay, à Mantes-la-Jolie, pour appeler le personnel hospitalier à rejoindre la manifestation du 16 juin, en vue d’améliorer leurs conditions de travail. Outre la hausse des salaires de 300 euros net mensuel demandée, un renforcement des moyens humains et financiers est aussi exigé, tout comme le maintien de l’ensemble des services hospitaliers dans tous les établissements. En vallée de Seine, la manifestation a été particulièrement suivie. Le 30 juin, une nouvelle journée de ­manifestation était annoncée.

Selon les différents syndicats, elle a rassemblé environ 180 personnes au centre hospitalier intercommunal Meulan Les Mureaux (Chimm). À François Quesnay, selon la CGT, ils étaient entre 300 et 400 manifestants. Ce chiffre est estimé par la CGT à 200 personnes au centre hospitalier intercommunal Poissy Saint-Germain-en-Laye (Chips).

Interrogé sur les raisons de l’importante mobilisation qui a notamment rassemblé à François Quesnay des enseignants de Sud solidaires venus manifester leur soutien aux soignants, Cécile, une orthophoniste du service de neurologie souligne : « Les gens ont pris conscience de la dégradation de leurs services publics en période de la crise Covid, alors qu’on nous disait que la France, grande puissance mondiale, pouvait faire face à une pandémie. Au début, cela n’a pas été le cas. [L’épidémie] a mis en exergue le dysfonctionnement du service public […]. Je dirais presque que le Covid-19 a été un révélateur. »

Selon les différents syndicats, la manifestation a rassemblé environ 180 personnes au centre hospitalier intercommunal Meulan Les Mureaux (Chimm). À François Quesnay, selon la CGT, ils étaient entre 300 et 400 manifestants et environ 200 au centre hospitalier intercommunal Poissy Saint-Germain-en-Laye (Chips).

Pour justifier la prise de conscience de la population concernant l’hôpital public, plusieurs infirmiers à François Quesnay s’appuient sur les nombreux coups de klaxons qu’ils reçoivent de la part des conducteurs de bus et de voitures sur leur passage. Alors que la manifestation devait initialement se dérouler sur le parvis de l’hôpital, elle s’est finalement déplacée vers le service de psychiatrie, situé rue Charles Gounod, avant de terminer boulevard Sully, devant le centre de formation en soins infirmiers (Ifsi). Au Chips, les manifestants qui ont fait le tour extérieur des divers bâtiments du centre hospitalier sont, eux, rentrés dans les locaux de la direction qui n’a pas souhaité faire de ­commentaires.

Avec cette mobilisation nationale, les soignants espèrent être entendus par le gouvernement. « Nos revendications sont les mêmes depuis trois ans en arrière », déplore Fanny, infirmière en psychiatrie et membre du syndicat Sud au Chips. Selon le site internet administratif, service-public-france.fr, une hausse de 50 % de la rémunération des heures supplémentaires des soignants a été annoncée en mai ainsi que le versement d’une prime de 1 500 euros aux hôpitaux publics ayant pris en charge les patients atteints du coronavirus en Île-de-France. Mais beaucoup des soignants interrogés ne croient pas en ces annonces.

« Le président a parlé mais on n’est encore jamais dans le concret […], regrette l’infirmière à François Quesnay, Rachelle Religieux Bien. Il y a vraiment un travail de fonds à faire pour maintenir un hôpital public de qualité, ouvert à tous. » Sur la remise d’une médaille, pour féliciter le dévouement des soignants durant la crise sanitaire, elle déclare : « On s’en fout. C’est désobligeant, condescendant et c’est ne pas nous écouter. C’est nous dire « allez, je vous donne une petite médaille, repartez travailler » Ce n’est pas ce qu’on veut ! »