C’est avec des étoiles dans les yeux, que les élèves de l’école du cirque ont découvert le nouveau chapiteau de la Compagnie des contraires. Situé rue d’Arlequin dans le quartier de la Noé à tout juste 20 mètres de la dalle où était installée l’Arche (voir ci-contre), c’est un chapiteau de cirque traditionnel qui a été monté pour permettre à l’association, qui propose toute l’année des activités de découvertes des arts circassiens aux enfants des quartiers en politique de la ville, de poursuivre sa mission.

Pour rappel, l’Arche, l’ancien écrin qui accueillait les activités de la Compagnie des contraires depuis 2018, avait été ravagé par un incendie criminel durant une nuit de violence urbaine, le samedi 2 novembre 2019.

De rouge et de jaune vêtue, la toile du nouveau chapiteau reprend d’ailleurs les couleurs qui ornaient le toit de l’ancien bâtiment. « Dans la forme, on revient à l’essence-même du cirque », fait remarquer Neusa Thomasi, la fondatrice de la Compagnie des contraires. Cette dernière aurait pourtant aimé inaugurer ce chapiteau en grandes pompes mais la crise sanitaire l’a contrainte à une reprise en douceur. « Le chapiteau était opérationnel dès mars, mais il y a eu le confinement et maintenant les restrictions liées au Covid-19 », ­souligne-t-elle.

Pour certains la reprise est plus dure que pour d’autres, notamment au moment de retrouver la souplesse égarée durant le confinement.

Vendredi 29 mai, c’est un groupe de sept élèves, en provenance de l’école élémentaire Milles visages, qui retrouvait les hula-hoops et les trapèzes, le sourire aux lèvres. Pour certains la reprise est plus dure que pour d’autres, notamment au moment de retrouver la souplesse égarée durant le confinement. « Ça fait du bien de refaire du sport mais ce n’est pas facile », sourit l’un d’entre eux.

« Avec les restrictions de rassemblement, nous avons mis [en place] plus de créneaux, ce qui nous permet [de recevoir] des groupes plus petits », souligne Neusa Thomasi. Contactée le 1er juillet, elle indiquait que depuis notre reportage, ces restrictions « étaient plus allégées » et que l’accueil du public tendait à retrouver « un rythme habituel ».

Dorénavant, les cours de cirque sont dispensés le mercredi entre 9 h 30 et 18 h et le samedi de 10 h à 17 h, selon les pratiques et les catégories d’âges.

Une salle de spectacle en lieu et place de l’ancienne Arche ?

« Quand l’Arche brûle, on reconstruit l’Arche. » C’est ainsi que l’édile Catherine Arenou (DVD) a fait part à La Gazette, le 29 mai, du projet de rebâtir, sur la dalle de l’ancien chapiteau incendié en novembre dernier, un nouvel équipement culturel « exclusivement porté par la Ville ». « Cela ressemblera pas mal [à ce qui existait] mais ce sera un autre projet parce que le temps ayant passé, on peut se poser des questions différentes et avoir des objectifs différents […] », affirme-t-elle avant de préciser : « On a repris le principe d’un chapiteau […] et [il y aura] une salle qui sera une salle de spectacle [ou] qui pourra être une salle de cinéma ».

Si l’édile déclare que ce ne sera « pas un UGC », elle ajoute que le lieu permettra de pallier le manque d’équipements culturels en ville. « Il faut savoir qu’on a qu’un seul équipement culturel : la salle des fêtes, qui est un équipement qui a 30 ans », déplore-t-elle.

Pour « permettre une saison culturelle correcte » et une « alternance » avec la salle des fêtes, la maire estime que la salle devra accueillir « 220 [à] 250 personnes ». Si pour le moment, l’évaluation du coût d’un tel équipement reste à définir, la maire chantelouvaise précise que « le permis de construire est déposé ».