Que deviendra l’ancien corps de ferme épiscomontois situé 18 rue de Chollet ? La question est actuellement en suspens. Alors qu’en 2018 la Société protectrice des animaux (SPA) avait acquis, pour un montant de 350 000 euros, le site d’environ 3 hectares pour y accueillir, en 2020, entre 300 et 400 chats en provenance du refuge d’Orgeval, dont la fermeture était programmée en raison notamment de la fin du bail, de la vétusté des infrastructures et des nuisances sonores, le projet est finalement abandonné. La Ville l’a annoncé le 22 juillet sur sa page Facebook. Outre les travaux entrepris au refuge d’Orgeval, la présence de carrières souterraines sous l’ancien corps de ferme est principalement invoquée pour l’expliquer.

« À Evecquemont, on a 53 % du village qui est posé sur des carrières de gypse, détaille l’édile, Christophe Nicolas (SE), le 19 août. Ici, [au 18 rue de Chollet], on est en pleine zone rouge. Zone rouge, cela veut dire qu’il y a une carrière qui passe ici. » Bien que le maire ajoute que la carrière présente sous la demeure n’est « pas très large », sa présence suffit à interdire les engins de chantier et « l’accueil du public » dans ce lieu. Pour cela, la galerie devrait être comblée pour un montant d’environ « 800 000 euros », selon lui. Un montant qui lui fait émettre des réserves sur la réalisation de ces travaux.

« Je ne veux pas prendre le risque d’entamer des travaux importants pour qu’on se rende compte, à un moment donné, qu’on a besoin d’installer des engins de chantier […] et qu’on ne puisse pas faire les travaux », confirme le 20 août le président de la SPA, Jacques-Charles Fombonne, en précisant qu’il n’occupait pas ce poste lors de l’achat du corps de ferme épiscomontois.

En raison de l’abandon du projet, le conseil d’administration de la SPA devrait prochainement annoncer la mise en vente du 18 rue de Chollet. « À partir du moment où on ne va pas s’en servir, on va le vendre […], déclare le président de la SPA. Je souhaite qu’on essaye de le revendre un peu plus cher, ou au moins, au même prix qu’on l’a payé parce que cela fait quand même beaucoup d’argent. »

Si Jacques-Charles Fombonne pense qu’il sera difficile de vendre le bien immobilier à une collectivité, il considère néanmoins qu’une vente à un particulier est envisageable. « Il y a un grand terrain […], il y a un beau bâtiment, il y a un pigeonnier qui est classé et qui est joli. À 350 000 euros, je pense même que c’est une très bonne affaire pour un particulier », confie-t-il.

L’édile ne partage pas cet avis. « Dans une zone rouge, il n’y a peut-être pas beaucoup de [personnes] qui seront intéressées », suggère-t-il. Craignant que le lieu ne reste trop longtemps abandonné, Christophe Nicolas affirme qu’il ne serait pas contre une « vente à un prix défi[ant] toute concurrence » ou à un « don » de la SPA pour abriter « un projet communal ou intercommunal » compatible avec les contraintes du site.

L’élevage de chèvres proposé par un habitant de la commune, souhaitant produire du fromage dans le local attenant au pigeonnier et ne se situant pas directement au-dessus de la carrière, serait une possibilité. Interrogé à ce sujet, Jacques-Charles Fombonne est catégorique. « Cela nous a coûté 350 000 euros, on ne va pas le ­donner », lâche-t-il.