Les incendiaires qui ont attaqué à deux reprises le chantier du futur collège du Val-Fourré, entre le mercredi 12 et le dimanche 16 août, avaient-ils pour objectif d’en assurer eux-mêmes la sécurité ? Jeudi 20 août, le quotidien Le Parisien révélait que cette théorie serait en tout cas l’une des pistes suivies par le parquet de Versailles dans l’enquête qui a été ouverte pour tenter d’identifier les auteurs de ces agressions.

La première intrusion s’est déroulée dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 août. Vers 3 h du matin, l’un des algecos installés sur le site du chantier, situé à quelques dizaines de mètres du collège Paul Cézanne, entre les rues Laurencin, Gauguin et Doret, est en feu. « Il s’agit de l’installation affectée aux agents de sécurité », précise une source policière. Alerté par les flammes, l’un d’eux, qui se trouvait à l’intérieur, évacue le bâtiment ciblé mais se retrouve nez à nez avec une un petit groupe venu en découdre.

« Cinq ou six personnes cagoulées ont pénétré dans l’enceinte du chantier avant de déclencher l’incendie, rapporte cette même source du témoignage de la victime. Menacé par ces dernières, l’agent de sécurité est parvenu à prendre la fuite. » Des faits qui pourraient, selon une source policière, « appuyer » la thèse selon laquelle les malfaiteurs souhaiteraient mettre en péril la sécurité du site pour en récupérer la gestion. À leur arrivée sur place, les pompiers soutenus par la brigade anti-criminalité de la police, sont la cible de jets de pierres et de feux d’artifices, « lancés par un groupe d’une quinzaine de personnes », indique une source proche de dossier. À leur tour, les forces de l’ordre répliquent pour disperser le groupuscule.

Seulement, il ne se passe que quelques jours avant que la police ne soit une nouvelle fois dépêchée sur le chantier mantais pour une nouvelle intrusion… et un nouveau départ de feu. Dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 août, vers 5 h, un second bâtiment modulaire est incendié, à quelques mètres à peine du premier, ainsi qu’une pelleteuse. Après l’intervention des pompiers, les enquêteurs du commissariat de Mantes-la-Jolie retrouvent sur les lieux un engin incendiaire sans pour autant parvenir, pour l’heure, à mettre la main sur ses propriétaires.

Si, selon une source proche de l’affaire, le montant du préjudice engendré par ces actes criminels « n’est pas encore clairement établi », Le Parisien rapporte qu’il « s’élèverait à plus de 100 000 euros », sans compter qu’un climat de peur pèserait désormais sur le chantier.

Lundi 24 août, aucune information n’avait, à ce jour, été communiquée sur les éventuels retards occasionnés par ces deux incendies. Contacté, le Département, qui finance ce projet à hauteur de 21 millions d’euros, n’a pas donné suite à nos sollicitations. Pour rappel, le futur établissement, dont le chantier a démarré il y a environ un an, doit normalement ouvrir ses portes pour la rentrée de septembre 2021. Il prévoit d’accueillir 600 élèves actuellement scolarisés dans deux des trois collèges du quartier.