Retrouver un emploi, une formation ou tout simplement passer le permis de conduire, autant d’étapes qui, sur la route de l’insertion, s’avèrent encore plus périlleuses pour les familles qui n’ont pas les moyens de faire garder leurs ­enfants.

Un « frein au retour à l’emploi » que l’association pour la formation professionnelle (Afpi), installée au cœur du quartier du Val-Fourré, a pris à bras-le-corps depuis 2018 avec un dispositif innovant.

Destiné aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), et avec l’appui de l’agence départementale d’insertion ActivitY’, ce dernier permet aux demandeurs d’emploi de profiter, gratuitement et durant trois mois, d’heures de garde pour leurs enfants lorsqu’ils ont des obligations professionnelles. « Ce sont essentiellement des familles monoparentales qui s’adressent à nous », précise Évelyne Nona-Truong, la présidente de l’Afpi.

De même, toute l’ingéniosité de ce dispositif réside dans le fait que les baby-sitters sont elles-mêmes, des femmes éloignées de l’emploi en reconversion professionnelle. Durant la première année, 20 familles ont profité du service et 13 nourrices ont été formées à la garde des enfants.

« ActivitY’ est là pour trouver des solutions concrètes de prise en charge sur un croisement de publics et de thématique », explique le directeur général des services du ­Département.

Une idée qui a séduit Brigitte Klinkert (DVD), la ministre chargée de l’insertion, en visite mercredi 19 août dans les locaux de l’association mantaise. Sans intention d’annonce, la ministre prend note du retour d’expérience que lui présentent ces acteurs de terrain. « Nous répondons dans l’urgence et une solution est apportée parfois la veille pour le lendemain », lui fait remarquer Olivia Roulleau, la cheffe de service de l’Afpi qui pilote le dispositif.

Sans intention d’annonce, la ministre prend note du retour d’expérience que lui présentent ces acteurs de terrain.

Plusieurs bénéficiaires, mamans et nourrices, étaient autour de la table pour échanger sur le sujet. « Avant de trouver un emploi, il est déjà difficile de faire garder son enfant pour se rendre à un entretien d’embauche, souligne Fatoumata, une mère célibataire de deux enfants âgés de cinq et trois ans. Finalement quand j’ai obtenu un poste mais que je devais commencer dès la semaine suivante, j’ai failli le refuser pensant qu’il me serait impossible de trouver une assistante maternelle dans des délais aussi courts. »

À sa gauche, Henriette, l’une des nourrices, peine à retenir ses larmes au moment d’exprimer sa gratitude envers l’AFPI « dans un français qui a énormément progressé », note Olivia Roulleau. « Grâce au dispositif ma vie a changé, je n’avais pas de logement, ni de formation », explique Henriette.

C’est émue de ce témoignage que Brigitte Klinkert a salué le travail de l’association mantaise : « Vous parvenez à lever le frein du mode de garde, si important pour permettre un retour à l’emploi. Mon objectif en tant que ministre, c’est de ne laisser personne au bord du chemin ».

Celle qui est aussi conseillère départementale du Haut-Rhin, estime que le travail de l’agence ActivitY’ « doit servir d’exemple à d’autres départements et pour ma part je vais m’inspirer d’un certain nombre de ces actions dans les ­propositions que je pourrai faire ».