Elle était une promesse de campagne du maire vernolien Fabien Aufrechter (LREM) et était également attendue par les trois groupes d’opposition. La consultation citoyenne autour du projet de déviation de la RD 154 aura lieu « du 1er au 8 octobre par voie électronique, le 11 octobre dans les bureaux de vote », a annoncé l’édile dans une publication Facebook le mardi 17 août. Une réunion publique sera organisée le 25 septembre.

Mais si la nécessité d’organiser cette consultation fait consensus entre les quatre entités politiques, les modalités d’organisation sont, elles, sources de tensions, conduisant les différents groupes à s’interpeller sur les réseaux sociaux. Alors que le maire proposait une réunion sur ce sujet mercredi 19 août aux trois chefs de file de l’opposition pour définir l’organisation, ceux-ci ont proposé de la reporter après le 31 août, afin d’éviter toute « précipitation ». Une proposition que Fabien Aufrechter a refusé, arguant de délais à tenir quant au choix du prestataire et au début des travaux, annoncés pour la fin de l’année par Le Courrier des Yvelines en mars dernier.

C’est le maire vernolien qui a lancé les hostilités sur Facebook le mardi 17 août. Dans une publication, il explique le choix de la date. « Elle coïncide avec l’anniversaire de la libération de notre commune et de la commémoration du jour où le major Shurlds a été abattu. Un moment où chaque groupe municipal est naturellement convié et où il dispose donc habituellement de représentants disponibles », justifie-t-il, proposant aux absents de participer via ­visioconférence.

La date du 19 août a été proposée aux groupes d’opposition le 8 août. Dans un mail commun, envoyé au maire le 17 août, les trois groupes expliquent leur position : « Le délai et la période de convocation ne permettent pas à tous les élus de se rendre disponibles. […] Pour que nos échanges soient sources de consensus, il nous paraît recommandé que cette réunion se tienne dans un délai qui laisse à chacun le temps de ­s’organiser. »

« On a reçu un mail le 8 ou le 9 en nous disant il y a une réunion le 19 août, à 19 h, il n’y avait pas d’autre possibilité de dates, et avec uniquement les chefs de groupe sans ordre du jour. […] On a réagi à cette proposition en souhaitant être un petit peu plus nombreux, souligne Fabienne Huard (SE) du groupe Alternative citoyenne pour Verneuil. Si c’est juste pour nous faire valider un prestataire à la fin ce n’est pas ça l’idée qu’on a de l’échange et de la co-construction. »

Membre du groupe DVD Verneuil, l’avenir ensemble, Jean-Marie Moreau abonde : « Au conseil du 10 juillet, on a acté le fait d’organiser une consultation. Nous avons demandé d’être associés assez rapidement, pour que ce soit co-construit. Jusqu’au 8 août, nous n’avons pas eu de nouvelles de la part de la mairie. »

Le chef de file du groupe Vivre Verneuil autrement, Fabien Lemoine (PS) se montre plus tranchant : « C’est arrivé comme un cheveu sur la soupe. […] Aujourd’hui, on manque de matière, on est dans l’effet de surprise presque. » Lui, se demande également si la période est propice pour mobiliser les gens sur cette question. « C’est la rentrée des classes, il y a le Covid, est-ce que c’est vraiment la préoccupation des gens ? », s’interroge-t-il.

« Le problème c’est que les prestataires pour organiser la consultation doivent être sélectionnés avant la fin du mois, sinon on n’est pas dans les temps », insiste pour sa part Fabien Aufrechter, ce mercredi 19 août, assumant la « responsabilité » de désigner ces prestataires sans son opposition. « S’ils ne veulent pas participer, je prends acte, tant pis, on fera entre guillemets sans eux, on travaillera avec les associations, les maires d’à côté », poursuit-il.

Il rappelle que « le calendrier prévoit un début des travaux du contournement de la RD 154 avant la fin de l’année. Pour tenir parole et laisser vraiment les Vernoliennes et les Vernoliens s’exprimer avant, le cas échéant le premier coup de pelle, oui le timing est donc serré. »

Ce calendrier est évoqué dans un article du Courrier des Yvelines paru au début du mois de mars. Il y est indiqué que durant l’hiver 2020/2021 seront réalisés des « travaux de défrichement, terrassement, qui ne peuvent être commencés qu’entre fin octobre et février, afin de respecter les mesures écologiques d’évitement obligatoires ». Il est aussi écrit que le début de ces travaux est conditionné à l’autorisation du Conseil national de protection de la nature, attendue pour le ­deuxième semestre 2020.

Des échéances dont les trois groupes d’opposition doutent de la réalisation en temps et en heure, au vu du contexte actuel. « Si on échoue avec cette concertation, quelle crédibilité auront les suivantes ? », interroge Fabienne Huard, quand Fabien Lemoine voit lui un risque « d’accident démocratique » auprès des citoyens concernés.