D’ici quelques semaines, la Ville et son club de cyclisme inaugureront, en lieu et place de son ancien terrain de vélo trial, situé sur le boulevard d’Elisabethville, un centre d’entraînement entièrement réaménagé pour la discipline, grâce à des terres inertes issues de ­chantiers.

« C’est un projet gagnant-gagnant à tout point de vue », se réjouit le maire, Guy Muller (LR), de ce projet qui voit effectivement converger les intérêts de ses acteurs principaux. Baptisé le Stadium vélo trial, ce dernier a pour objectif de reconfigurer totalement le plateau sportif épônois, dédié à la pratique du VTT et du trial, discipline de parcours d’obstacle à vélo, en utilisant la terre que les entreprises du bâtiment peinent généralement à exfiltrer de leurs chantiers.

Celle-ci permettra d’offrir du relief au terrain communal qu’exploite l’association Off road cycliste (ORC), pour lui permettre de varier ses entraînements et préparer ses pilotes aux compétitions de haut niveau.

Dénivelés, sauts et obstacles divers, en acceptant de recevoir ces terres excavées, la Ville se dote ainsi, pour son club ORC, d’un terrain de jeu de près de deux hectares sans débourser le moindre centime. La réalisation du site étant effectuée par l’entreprise ECT qui travaille avec les entreprises du BTP et trouve des points de chute pour ces déblais.

« ECT s’inscrit dans la dynamique d’une économie circulaire, explique Laurent Mogno, le président de l’entreprise. Nous dialoguons avec les communes, comme celle d’Epône, qui ont des projets d’aménagement d’espaces non-bâtis, comme des parcs paysagers, des équipements sportifs ou de loisirs afin de valoriser ces terres excavées. »

Dans un premier temps, du côté de la Ville et de l’association, quel­ques interrogations demeuraient quant à une éventuelle pollution présente dans les terres qu’on lui proposait d’accueillir. « Au début on se pose beaucoup de questions : on parle de terres de chantier mais on se demande ce qu’on va recevoir », se rappelle Franck Prestat, le président de l’association cycliste ORC, qui a co-construit le projet avec ECT. « Sachant qu’il s’agit d’un terrain de pratique sportive, le contrôle qualité était un point essentiel », précise, quant à lui, l’édile épônois.

ECT se charge également de la sélection des matériaux en fonction des projets qu’elle conduit. « Nous contrôlons et organisons la traçabilité des matériaux, affirme Laurent Mogno. Ici, il s’agit de terres sèches auxquelles a été ajouté un compost pour la fertiliser. »

« Avant on n’exploitait même pas un dixième de la superficie du site, l’objectif était de s’approcher le plus possible des 100 % », rapporte Franck Prestat, le président du club ORC.

Si le projet a tant séduit Guy Muller, c’est avant tout car « c’est une opération blanche pour la Ville. De même, cela rentre parfaitement dans la politique de développement du sport durable que mène la Ville », ponctue l’édile.

En ce qui concerne le financement de ce Stadium, ECT facture aux entreprises du BTP cinq euros par tonne qu’elle a prélevé d’un chantier. « C’est ce qui définit le ­budget », souligne le président d’ECT. Depuis le 15 juin, ce sont ainsi 160 blocs de roches et un peu moins de 70 000 m³ de terres, qui ont été apportés sur le site épônois depuis plusieurs chantiers yvelinois dont « un chantier de voiries à Buchelay et une construction de logements à Limay ».

« Le site d’entraînement existait déjà mais c’était un peu plus artisanal », explique, vendredi 4 septembre, Franck Prestat. Monté sur le plus haut monticule de terre dont profiteront prochainement les vététistes de son club, ce dernier souligne les bénéfices d’un tel équipement pour l’association.

« Avant on n’exploitait même pas un dixième de la superficie du site, l’objectif était de s’approcher le plus possible des 100 %, rapporte le président du club. De plus, le terrain étant à plat, il n’y avait aucun ­intérêt pour le VTT. »

Aujourd’hui bosses, courbes et devers viennent pimenter les parcours pour permettre au club de proposer une expérience de plus haut niveau à ses licenciés. « Ce qu’on prévoit d’un point de vue entraînement, c’est de faire un peu comme une piste d’essai pour retrouver l’ensemble des difficultés que nos pilotes peuvent rencontrer au niveau régional et même national », explique-t-il.

Et Franck Prestat s’y voit déjà : « Avec les moyens qui nous sont accordés maintenant, notamment avec l’économie circulaire et ECT, on va pouvoir faire plusieurs pôles par thème : bois, pneus, roche blanche… » La fin des travaux est prévue pour la mi-septembre, le Stadium pourrait être inauguré au début du mois d’octobre.