Entre 2023 et 2026, le conseil départemental va reconstruire 15 collèges yvelinois « avec un haut niveau d’exigence environnementale », a annoncé son président Pierre Bédier (LR) la semaine dernière. Une programmation qui fait suite à son intention affichée en février dernier d’« accélérer » l’engagement du Département sur les questions écologiques (voir La Gazette du 3 mars 2020).

Le Département avait fait réaliser son bilan carbone début 2020. Ce dernier avait démontré que l’énergie des collèges, dont il a la charge, était la deuxième source de ses émissions de gaz à effet de serre (16 %), juste derrière le déplacement des collégiens (21 %). Pierre Bédier avait donc expliqué en février que les appels d’offres des travaux concernant les collèges allaient être relancés pour y inscrire comme critère l’utilisation de matériaux plus ­respectueux de l’environnement.

C’est dans ce contexte que le président du conseil départemental a présenté la rénovation et ­reconstruction prévue de 15 collèges yvelinois, à l’occasion d’un point presse organisé à Sartrouville la semaine dernière. « Mais on ne veut pas se contenter de construire ou reconstruire des collèges, on veut aussi s’inscrire dans une préoccupation d’urgence environnementale que nous partageons, tranche Pierre Bédier. Il n’est plus possible de faire comme si les questions climatiques c’était le problème des autres, ça doit être le ­problème de chacun. »

Il confirme donc la décision « de construire et de reconstruire [les collèges concernés] exclusivement en matériaux renouvelables », notamment en bois, avec un important travail également sur l’isolation des bâtiments, qui est à ses yeux « un gaspillage énergétique invraisemblable ». Dans un communiqué, le conseil départemental détaille les performances qui « seront désormais recherchées » pour ses futurs bâtiments neufs.

Le Département affiche l’ambition de « généraliser des bâtiments à énergies renouvelables et de récupération » avec des « apports en énergies ­renouvelables » qui « permettront de couvrir 20 % de la consommation du collège ». Il s’est également fixé l’objectif de « réduire de 40 % la consommation actuelle des collèges pour atteindre une consommation énergétique des futurs collèges inférieure à 90 kWh/m²/an ». Aussi, les bâtiments devront être « à faible empreinte carbone tout au long de leur cycle de vie, depuis la conception jusqu’à la démolition en ayant massivement recours aux matériaux biosourcés dans les matériaux de ­construction ».

Des ambitions qui pèsent logiquement sur le coût de ce programme d’investissement, chiffré à 525 millions d’euros au total. Le surcoût des critères environnementaux est estimé entre « 10 et 15 % » d’après les services du Département, qui précisent cependant que les performances énergétiques obtenues entraîneront des économies.

« Ça va avoir un impact direct sur la facture énergétique, donc on va réduire pendant des décennies les coûts de fonctionnement, avance le Département. On fait des calculs économiques pour s’assurer que l’investissement est bénéficiaire pour la collectivité, et on a des retours sur investissement entre dix et 20 ans. Ce qui, à l’échelle de la vie d’un collège, est court. »

La question qui reste en suspens est la liste des 15 établissements qui bénéficieront de travaux. Le Département indique que ce sont des collèges qui figurent parmi « les plus énergivores et les moins fonctionnels », mais refuse pour l’instant de communiquer les noms des établissements concernés. Il se contente d’expliquer que « ça concerne toutes les Yvelines ». Ces nouveaux collèges devraient en tout cas tous être livrés au plus tard en 2026.