Il ne devrait bientôt plus y avoir de production pétrolière à Gargenville. Dans un communiqué de presse, publié ce jeudi 24 septembre, le groupe Total a annoncé qu’il comptait transformer ses raffineries de Grandpuits (Seine-et-Marne) et de Gargenville, reliées par le pipeline d’Île-de-France (Plif) ayant cédé en février 2019. Dans son communiqué, le groupe pétrolier précise que la décision d’arrêter l’activité de raffinage « fait suite » à cet incident « menaçant ainsi la pérennité économique » du site de Grandpuits. Il sera donc transformé « en une plateforme de biocarburants et bioplastiques ». De son côté, la raffinerie gargenvilloise pourrait devenir un site uniquement dédié au stockage. Un point qui inquiète les syndicats sur d’éventuelles ­suppressions de postes.

Total assure qu’il n’y aura « aucun licenciement. Sur les 400 postes que compte aujourd’hui la plateforme de Grandpuits et le dépôt associé de Gargenville, 250 postes seront ­maintenus ». Le groupe table notamment sur des mobilités internes et des départs en retraite anticipés. Actuellement la raffinerie gargenvilloise emploie 40 salariés pour produire du carburant d’aviation et entreposer les stocks stratégiques de l’État. Total prévoit également d’y installer ­prochainement une ferme solaire.

Selon Olivier Ducreux, délégué syndical de la CFDT, « Gargenville va payer le prix fort ». Selon nos informations, sur les 40 postes seulement douze pourraient être maintenus du fait de ce changement de compétence. « Une gestion de stockage, ce n’est pas un travail de fabrication de produits, il y a besoin de moins de surveillance et de sécurité », explique-t-il. Contactée, la direction de Total n’a pas répondu à nos sollicitations. Certains salariés du site pourraient donc être invités à changer soit d’orientation professionnelle soit de secteur géographique « vers Grandpuits, Paris ou en Normandie », estime-t-on du côté de la CFDT, bien décidée, à accompagner les salariés dans cette transition.

« Le personnel de Gargenville semblait plutôt satisfait de ce qui a été présenté par la direction, estime Thierry Defresne, délégué syndical CGT Total. On m’a rapporté qu’il y aurait eu des applaudissements dans la salle. » Pour autant, le délégué syndical appelle « à la prudence », d’ici à ce que les négociations s’engagent. À partir d’octobre, les organisations syndicales et la direction générale du groupe devraient se mettre autour de la table concernant les mesures salariales d’accompagnement.