En plein centre-ville, dans la rue Paul Doumer qui mène à la mairie, les portes du salon de massage Relax Mureaux sont désormais closes. Derrière la vitrine, à l’abri des regards, sa clientèle masculine était confiée aux mains des masseuses qui moyennaient des actes sexuels, en plus de la prestation initiale.

Aux manettes de cette officine douteuse, un couple de ressortissants chinois domicilié à Paris, a été placé sous contrôle judiciaire. La gérante supposée du salon de massage a été interpellée le mardi 15 septembre dans l’établissement qui a depuis été fermé par la ­préfecture.

Les policiers du commissariat des Mureaux enquêtaient depuis près d’un an sur cette affaire de proxénétisme aggravé. Les premières investigations avaient débuté suite « à une dénonciation anonyme le 2 septembre dernier », rappelle une source proche du dossier. Les informations recueillies à ce moment-là par les enquêteurs mettaient en cause des faits de ­prostitution au sein de ­l’établissement de massage.

Pendant plusieurs mois, la maison de plaisirs clandestine est placée sous surveillance de la brigade anti-criminalité. « La fréquentation pouvait aller jusqu’à 38 clients potentiels par semaine », rapporte une source policière des études des caméras de vidéo-surveillance effectuées. Grâce à celles-ci, les enquêteurs identifient et ­auditionnent certains d’entre-eux.

« Ils ont confirmé que des pratiques à caractère sexuel étaient proposées à l’issue d’un massage classique », relate une source proche du dossier. Selon les clients, ce « supplément » devait être réglé en espèces. Quant aux deux masseuses, également originaires de Chine, la police précise « qu’elles étaient déjà connues comme victimes de proxénétisme ». L’une d’elles n’était pas déclarée, engageant, de ce fait, l’ouverture d’une procédure pour travail dissimulé.

Au moment d’être auditionnée, la gérante, une femme âgée de 49 ans, reconnaît les faits de prostitution pour son propre compte et celui de ses masseuses. Elle indiquait cependant « ne pas être destinataire de l’argent issu des prestations sexuelles de ces deux femmes », rapporte une source policière. Cette même source précise que la femme cherchait à protéger son conjoint, dont le nom avait été utilisé pour ouvrir l’institut.

Contacté par les enquêteurs, ce dernier s’est présenté de lui-même au commissariat. Lors de sa garde à vue, l’homme âgé de 46 ans et déclaré comme salarié dans un restaurant dans le Var, a reconnu servir « de prête-nom » mais a nié les faits de proxénétisme. « Il assurait ne pas être informé de l’activité en raison de son absence prolongée liée à son emploi de cuisinier dans le Var », relate une source policière.

L’étude des comptes en banque des deux quadragénaires, par la police, mettait en lumière des transferts de fonds entre les mis en cause. De même, ce travail a permis aux enquêteurs d’établir qu’entre 2017 et 2018 le couple avait misé « plus de 75 000 euros au Casino d’Enghien-les-Bains (Val d’Oise) ».