Quatre mois après les annonces du plan de restructuration de deux milliards d’euros sur trois ans, la marque au losange fait une nouvelle fois parler d’elle. En cause, la tenue, le 29 septembre, au siège du groupe Renault, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), du comité central social et économique (CCSE) du fabricant automobile. Ce dernier résulte d’un accord de méthode demandé par les syndicats et signé le 24 juillet pour évoquer le plan d’économie en France.

Alors que la CGT et la CFDT de Renault-Flins espéraient des annonces sur le maintien des 4 200 emplois environ dans leur usine vouée à cesser la production automobile, pour se tourner vers des activités de reconditionnement, les déceptions étaient nombreuses pour ces deux syndicats qui auraient appris que les décisions centrales du groupe seraient désormais prises à l’échelle locale.

« Ce matin, la montagne a accouché d’une souris, déplore le délégué syndical CGT de Renault-Flins, Ali Kaya, lors d’une conférence de presse organisée pendant un débrayage durant l’après-midi du mardi 29 septembre. Ils ont juste annoncé qu’ils maintenaient leurs programmes de suppression de postes et de fermeture d’usine mais que cela ne sera pas discuté centralement. » Pour Ali Kaya, cette décision renvoie donc « à des discussions locales comme si c’étaient les directeurs de site qui allaient décider de leur sort et que ce ne serait pas Luca de Meo », le directeur général de Renault, entré officiellement en fonction le 1er juillet 2020 après sa nomination le 28 janvier à ce poste.

Pour Ali Kaya, cette décision renvoie donc « à des discussions locales comme si c’étaient les directeurs de site qui allaient décider de leur sort et que ce ne serait pas Luca de Meo », le directeur général de Renault, entré officiellement en fonction le 1er juillet 2020.

Interrogée, la direction de Renault Flins n’a pas souhaité ­commenter les propos tenus par Ali Kaya. Tandis qu’elle préfère garder le silence, un responsable du groupe Renault questionné à la suite du CCSE par le quotidien Le Monde a, lui, pris la parole. « La séance de mardi est une étape importante franchie car elle permet à la négociation d’avancer site par site », affirme-t-il en rejoignant les ­propos d’Ali Kaya.

« C’est une façon de se dédouaner », déclare de son côté le délégué syndical de la CFDT à Renault-Flins, Yassine Aldidi, quand on lui demande ce qu’il pense du fait que les directions locales soient en charge des annonces faites par le groupe. Yassine Aldidi nuance néanmoins son propos par la suite. « Il y a beaucoup de choses qu’ils (la direction centrale, ndlr) ignorent du local », ­précise-t-il.