Un quatrième déplacement en cinq ans dans la commune. Pour la seconde fois de son mandat, le président de la République, Emmanuel Macron (LREM) s’est rendu aux Mureaux, ce vendredi 2 octobre 2020. Le chef de l’État y a détaillé les différentes thématiques du futur projet de loi de lutte contre « les séparatismes » et l’islam radical. Si les élus locaux ont semblé satisfaits des annonces, les syndicats mobilisés pendant le discours déplorent le timing et dénoncent « une ­instrumentalisation de la ville ».

Selon Emmanuel Macron, le choix de prononcer ce discours très attendu et retransmis en direct sur Youtube, aux Mureaux, « n’est pas un hasard ». Lors de son allocution, il a fait de la commune un exemple pour les actions qui y sont menées, mais aussi pour ­illustrer « la réalité de nos ­problèmes ».

Une visite qui fait donc écho à celle de son ancien ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, le 29 novembre 2019 (voir édition du 11 décembre 2019). C’était aussi aux Mureaux et cela concernait également le sujet du repli ­communautaire.

Rassemblés devant les locaux de l’Union locale CGT, avenue Paul Raoult, les syndicats locaux ont dénoncé « une instrumentalisation » de la ville. « On ne peut pas jouer avec les problèmes d’une ville et s’en servir comme d’un punching-ball pour la politique du gouvernant, déplore Nicolas Lévêque, le secrétaire de l’UL CGT. On a un maire qui joue avec ça, il est flatté que le Président et les ministres viennent. […] Il est en train de détruire la réputation des Mureaux qui est déjà entachée depuis des années. »

« Je comprends qu’une partie de la population puisse le voir comme ça même si je comprends qu’une partie soit très fière que le chef de l’État vienne chez eux », estime le maire de Mantes-la-Jolie et président de GPSEO, Raphaël Cognet (LR), plus tard dans la journée.

Rassemblés devant les locaux de l’Union locale syndicat CGT, avenue Paul Raoult, les syndicats locaux ont dénoncé « une instrumentalisation » de la Ville.

À 10 h, le maire de la commune, François Garay (DVG) s’est entretenu, une trentaine de minutes, seul à seul, avec le chef de l’État. « Les Mureaux, c’est un peu un laboratoire d’idées pour beaucoup et ils viennent voir ce qu’on y fait, expliquait-il la veille de cette rencontre. On a eu 80 visites de ministres, ce qui est important pour nous c’est de démontrer qu’on est une ville à solutions positives pour la construction des individus. »

Pour autant, Emmanuel Macron a rappelé les chiffres locaux en ce qui concerne l’islamisme radical. « Près de 170 personnes sont suivies pour radicalisation violente, ici dans les Yvelines », rapporte-t-il tout en soulignant les 70 départs de jeunes yvelinois vers la Syrie.

« J’ai senti que le Président avait à cœur de ne tomber dans aucun excès, analyse Raphaël Cognet. Ne pas dire qu’il n’y a pas de problème, mais en même temps ne pas faire de tout un problème. »

Emmanuel Macron l’a martelé à de nombreuses reprises : « Je veux qu’il n’y ait aucune confusion ni aucun amalgame. » De son côté, le président du Département Pierre Bédier (LR) regrette que ce dernier n’ait pas été « suffisamment clair pour le grand public ».

« Pour être élu, moi, du secteur, où il y a quand même une forte minorité musulmane, chaque fois que l’on aborde le sujet, ils ont l’impression qu’on les stigmatise, qu’on ne les aime pas en tant que musulmans », note-t-il. S’il salue les constats et propositions du Président, il craint que cette visite ait été vécue ainsi pour la population musulmane.

Pour le parti Lutte ouvrière, on retient surtout l’absence de mots pour l’usine de Renault-Flins « trois jours après la confirmation de Renault de son intention de supprimer 4 600 emplois en France », dont environ « 1 600 » à l’échelle locale, selon le journal Les Échos du 5 juin.

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