Dans l’établissement situé sur l’île aux Dames, de la musique aux accents orientaux résonne en ce début du mois d’octobre. Sur la piste, deux danseuses répètent leur chorégraphie. Fermé depuis le confinement décidé la veille du premier tour des élections le 15 mars dernier, le Circus, organisateur de dîner-spectacles, se prépare à une réouverture de ses portes, prévue désormais le ­dimanche 8 novembre.

Car pour s’adapter aux nouvelles consignes gouvernementales de lutte contre la crise sanitaire, en particulier le couvre-feu allant de 21 h à 6 h du matin, le lieu que gère Marion Morvan depuis 2010 a dû faire quelques arrangements et décaler l’horaire de ses prestations. Au lieu de proposer des repas le soir, elle et son équipe serviront désormais le midi, dans le respect des protocoles sanitaires en vigueur. Marion Morvan se montre ­optimiste, mais des doutes ­subsistent.

« On est dans une période de fin d’année, on a beaucoup de fêtes, de comités d’entreprises, de clubs de troisième âge qui sortent et on ne sait pas si les gens ne vont pas avoir trop peur et ne pas sortir, note-t-elle. Et aussi est-ce que les sociétés vont avoir un peu d’argent pour faire la fête avec leurs salariés en fin d’année ? »

Le protocole sanitaire du Circus a été validé par la sous-préfecture mantaise. « On a demandé une dérogation, avec le soutien de la mairie, […] car il n’y a pas beaucoup de lieux de divertissement dans les Yvelines, explique-t-elle. Dès la réservation les gens doivent choisir leurs plats, régler en amont, le groupe doit arriver complet et à un horaire précis pour ne pas croiser d’autres groupes. » Habituellement, le Circus sert 220 couverts, la jauge a été revue à 100 et un sens de circulation a été instauré à l’intérieur de l’établissement.

En plus d’une dizaine de personnes pour la restauration, Marion Morvan a également fait appel à trois danseurs et deux artistes de cirque. « On a lancé les répétitions depuis [le 30 septembre], comme on avait enfin l’autorisation d’ouvrir on s’est dit on y va […], insiste Marion Morvan. On ne peut pas rester sans rien faire, les artistes ont besoin de se remettre en forme ­physiquement. »

Là aussi, quelques ajustements ont été faits. « Le masque commence à s’intégrer aux chorégraphies, complète Sandrine, chorégraphe. On vit à 99 % de l’interactivité. Les gens […] ce qu’ils aiment c’est […] le fait qu’on fasse des passages dans la salle, ils adorent ça. On a intégré le masque à paillettes, le masque clown, qui fait que c’est ­possible en fait. »

Les repas seront décalés aux midis, en semaine sur privatisation, et le dimanche pour les particuliers. Si l’incertitude reste présente, Marion Morvan met également en avant le soutien des clients : « On voit qu’il y a des élans de soutien, des gens qui viennent tous les ans et qui nous ont déjà recontactés depuis plusieurs mois. Il y a des gens qui nous attendent, on est contents de pouvoir enfin rouvrir, les retrouver, ça sera différent. »