Depuis le 12 octobre et jusqu’au 5 novembre, une patrouille de police ouvre une permanence en gare de Versailles-Chantiers et de Poissy. Exactement entre 17 h et 19 h, du lundi au jeudi, entre deux et trois policiers, doivent faire de la prévention, voire même prendre les plaintes des victimes agressées, ou encore volées. Alors à l’aide d’un ordinateur et d’une imprimante, les agents de police reçoivent la victime directement dans leur ­voiture de fonction.

Des conditions de travail qui ne plaisent pas au syndicat de police, l’Unsa. « Étant actuellement en pleine crise sanitaire Covid-19, il est hors de question pour nos collègues de prendre des plaintes dans les gares ou dans les véhicules de police, tout d’abord pour des raisons évidentes de sécurité puis sanitaires », commente Steve Pozar, délégué départemental Unsa Police.

Lancé par le ministère de l’intérieur, ce dernier précise pourtant que les plaintes seront prises dans le véhicule seulement, « si nécessaire, pour les victimes d’infraction dans les transports et dans la mesure où les conditions sanitaires Covid et de sécurité pour les effectifs de police seraient respectées », révèle une note de service du ministère, obtenue par La Gazette de ­Saint-Quentin-en-Yvelines.

D’autant plus, ces plaintes devraient être prises « de manière exceptionnelle », selon la direction départementale de la sécurité publique des Yvelines (DDSP) : « Il ne faut pas voir le dispositif comme un dépôt supplémentaire de plaintes. […] Il s’agit de mettre à profit du personnel de la SNCF, une patrouille pour rassurer les victimes, dissuader et intervenir et en cas de nécessité absolue […]. Il ne faut pas le voir comme un bureau de plaintes. »

La note du ministère précise également que la patrouille doit mettre en place le dispositif avec la SNCF et patrouiller de manière visible, répondre aux demandes, orienter les personnes dans leurs démarches et ­distribuer des prospectus d’information. Elle est également là pour orienter les victimes vers les dispositifs de prises en charge. Elle peut également prendre les mains courantes, selon la DDSP.

Encore à l’état de projet expérimental, ce dispositif aurait été lancé en raison d’une augmentation de la délinquance dans les gares, justifie la DDSP. Mais l’Unsa n’y croit pas. « Cette expérimentation qui n’est ni plus ni moins qu’une opération de communication, expose encore plus les policiers au Covid-19, dans des lieux clos et non appropriés », lance Steve Pozar.

D’autant plus que le potentiel manque d’effectifs et risquerait de les surcharger davantage. « Nous rappelons que les effectifs de police dans les Yvelines sont en nette diminution (100 en moins en trois ans sur 2 000, Ndlr) et qu’il serait plus approprié de les laisser faire de vraies missions de police », poursuit le syndicat de l’Unsa, qui n’est néanmoins pas contre des patrouilles en gare. Ce projet est uniquement expérimenté en Île-de-France, à savoir en plus dans des gares de Seine-et-Marne, du Val-d’Oise et des ­Hauts-de-Seine.