« Confiner les plus âgés, les plus vulnérables, tester, alerter, protéger, augmenter les lits de réanimation : aucune de ces solutions n’est suffisante en l’état actuel. Il faut donc aller plus loin. » C’est en s’appuyant sur ce constat que le président de la République, Emmanuel Macron (LREM), a annoncé le 28 octobre, l’instauration jusqu’au 1er décembre, d’un nouveau confinement en France avec des « adaptations » en Outre-mer. La vallée de Seine n’est donc pas épargnée par les mesures visant à diminuer en France le nombre de contaminations de « 40 000 à 5 000 par jour » et à libérer des places en réanimation. Quelques modifications des règles en vigueur sont à prévoir par rapport au confinement du 17 mars au 11 mai dernier.

Ainsi, contrairement au précédent confinement, les établissements scolaires jusqu’au lycée resteront cette fois-ci ouverts. Pour accompagner les enfants, les parents devront obligatoirement se munir de l’attestation de déplacement dérogatoire. Une case est effectivement réservée « aux déplacements pour chercher les enfants à l’école et à l’occasion de leurs activités périscolaires ». Dans une vidéo diffusée en direct le 30 octobre sur la page Facebook de la Ville, l’édile de Conflans-Sainte-Honorine, Laurent Brosse (DVD), apporte des précisions concernant les enfants allant par leurs propres moyens à l’école. « Si les enfants vont seuls à l’école, ils doivent être munis d’une attestation », prévient-il.

Quant au protocole sanitaire d’accueil des enfants dans les établissements scolaires à la rentrée du 2 novembre, il est renforcé. Ainsi, outre un lavage des mains fréquent des enfants, une désinfection renforcée des locaux et des mesures visant à limiter le brassage entre les enfants avec, par exemple, la création de groupes pour la cantine et la récréation, le port du masque devient également obligatoire dès la classe de CP. Par conséquent, plusieurs communes telles que Conflans-Sainte-Honorine, ont d’ores et déjà annoncé qu’elles envisageaient, dans la limite des stocks disponibles, de mettre à disposition « un kit de secours » composé de masques réutilisables pour les quelques enfants qui n’en auraient pas. La ville de Mantes-la-Ville a, quant à elle, distribué des masques dans les écoles ­élémentaires le 2 novembre.

En ce qui concerne la sortie d’animaux de compagnie ou la pratique sportive, elles sont, comme au précédent confinement, autorisées. Selon l’attestation de déplacement dérogatoire, elles doivent néanmoins être limitées à « une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile ». Alors que les parcs et jardins doivent rester ouverts et peuvent donc accueillir les coureurs, le maire de Poissy, Karl Olive (DVD), déclare dans un live Facebook du 30 octobre que les piscines seront, elles, accessibles « uniquement sur le temps scolaire ».

Affirmant d’autres part que « les concessionnaires sont ouverts » tout comme « un certain nombre d’hôtels » durant le confinement, l’édile pisciacais déplore toutefois la fermeture des « instituts de beauté ». Quant aux musées, et aux théâtres, ils sont, eux aussi, fermés. « Les lieux de culture ne font pas partie des lieux autorisés », précise son homologue de Carrières-sous-Poissy, Eddie Aït (SE), en ajoutant que, hormis le maintien de l’ouverture des services publics, « toutes les salles municipales sont fermées » elles aussi.

D’un point de vue économique, Emmanuel Macron a également insisté sur le fait que le travail doit se poursuivre. « Par rapport au printemps, l’activité continuera avec plus d’intensité », assure-t-il dans son allocution du 28 octobre en ajoutant que « les usines, les exploitations agricoles, les bâtiments et travaux publics continueront de fonctionner. » Le télétravail sera, quant à lui « généralisé » dans la mesure du possible, afin de limiter au maximum la circulation du virus au sein des entreprises. « Le télétravail doit redevenir la norme dans la mesure du possible », insiste Karl Olive.

« Les commerces qui ont été définis au printemps comme non essentiels, les établissements recevant du public, notamment les bars et restaurants, seront fermés », poursuit Emmanuel Macron. Ainsi, à titre d’exemple, les magasins de ­vêtements tout comme les librairies, doivent fermer leurs portes à la différence des supermarchés qui, outre les rayons alimentaires, possèdent des espaces dédiés à la culture et à l’habillement. Pour le maire de Poissy, cette mesure correspond à un non respect de la concurrence entre ces différents types de commerces. Il avoue d’ailleurs en avoir fait part au préfet yvelinois.

Karl Olive n’est cependant pas le seul maire en vallée de Seine à contester cette mesure gouvernementale. C’est également le cas du maire de Limay, Éric Roulot (PCF). Sur la page Facebook de la Ville, ce dernier a effectivement annoncé qu’il prenait « un arrêté » municipal visant à maintenir l’ouverture des commerces non alimentaires. « Les produits non-alimentaires et non-essentiels restent accessibles dans les supermarchés et hypermarchés créant une rupture d’égalité et plus encore une injustice supplémentaire entre la grande distribution et le commerce de proximité », justifie-t-il de ­l’arrêté municipal.

Dès le lendemain de l’allocution du président de la République, du 28 octobre, le rayon de papiers WC du Carrefour Contact à Mantes-la-Ville avait fortement diminué.

Face aux nombreuses critiques formulées à l’encontre du gouvernement sur cette mesure, le premier ministre, Jean Castex (LREM), a donc pris la parole sur TF1 le 1er novembre. Il a alors annoncé la fermeture des rayons non-essentiels des grandes surfaces dans le but de « rétablir l’équité » entre ces dernières et les commerces de proximité.

Cette annonce ne semble cependant pas convaincre entièrement les sept présidents des départements d’Île-de-France, dont celui des Yvelines, Pierre Bédier (LR). Dans une lettre cosignée datée du 2 novembre à l’attention de Jean Castex, ils lui demandent ainsi « de permettre aux préfets de rouvrir localement des commerces [jugés non-essentiels] à condition de constater le respect des mesures ­sanitaires en leur sein ».

À l’heure actuelle, la demande de ces présidents des départements d’Île-de-France ne semble néanmoins pas entrer dans les plans du gouvernement. « Je sais que, pour les commerces de centre-ville, je demande un très gros effort », reconnaît Emmanuel Macron avant de poursuivre que les « petites entreprises fermées administrativement » pourront bénéficier d’une « prise en charge jusqu’à 10 000 euros par mois de leurs pertes en chiffres d’affaires » et que les « salariés et les employeurs qui ne peuvent pas travailler continueront quant à eux à bénéficier du chômage partiel » et qu’un « plan spécial sera fait pour les indépendants, les commerçants et les très petites et moyennes entreprises qui, je sais redoutent, plus que tout la crise ».

« Tenons le [confinement] avec beaucoup de rigueur pendant 15 jours, ajoute Emmanuel Macron. Si, d’ici 15 jours, nous maîtrisons mieux la situation, nous pourrons réévaluer les choses et espérer ouvrir certains commerces, en particulier dans cette période si importante avant les fêtes de Noël ». Néanmoins, les cadeaux ne semblent, pour le moment, pas être la principale préoccupation des habitants de vallée de Seine. En effet, les principaux rayons à se vider dans les supermarchés sont des produits de première nécessité. Ainsi, dès le lendemain de l’allocution du président de la République, le rayon de papier-toilette du Carrefour Contact à Mantes-la-Ville avait fortement diminué. Il en est de même, samedi 31 octobre, pour les produits alimentaires pour animaux au Carrefour à Limay.

Dans son allocution, le président de la République se veut en tout cas optimiste quant à la capacité du pays à sortir de cette crise sanitaire. « J’ai confiance en vous, confiance en notre capacité à surmonter cette épreuve […], déclare-t-il. Nous sommes une nation unie et solidaire et c’est à cette condition que nous y arriverons. » L’édile conflanais préfère quant à lui mettre en garde ses habitants sur l’éventualité d’un prolongement du confinement au-delà de la date initialement fixée par le gouvernement. « [Le 1er décembre], c’est un minimum. Cela veut dire que ça peut durer plus longtemps », avertit-il. Pour Eddie Ait, malgré le contexte « anxiogène » de la situation, il faut en tout cas « s’en accommoder ».

Préfectures et municipalités proposent des numéros verts

Le 30 octobre, la préfecture des Yvelines a indiqué sur son site internet, yvelines.gouv.fr, qu’un numéro vert a été créé pour répondre à toutes les questions des habitants liées au contexte sanitaire actuel. Il s’agit du 0 800 130 000. Il est accessible tous les jours de la semaine sans interruption. À noter toutefois que la plateforme téléphonique ne prodigue pas de conseils médicaux.

La Ville des Mureaux a quant à elle réactivé son numéro vert, mis en place lors du précédent confinement, le 0 8000 78130 « pour toute urgence relative aux conséquences de l’épidémie sanitaire actuelle », précise-t-elle. À Mantes-la-Ville, un numéro vert, le 0 801 90 78 01 a également été mis en place, du lundi au vendredi de 9 h à 19 h et le samedi de 9 h à midi. « Des agents assurent un service téléphonique, vous répondent et vous orientent vers les services compétents afin de réaliser vos démarches administratives et ce depuis chez vous », indique dans une vidéo le maire Sami Damergy (SE).