Lors du dernier conseil municipal, le mardi 4 novembre, la municipalité mantevilloise a inscrit à l’ordre du jour le vote d’une motion « qui est une demande d’un plan de sauvetage exceptionnel pour accompagner la ville de Mantes dans ses investissements », explique l’adjoint en charge des finances, Ari Benhacoun. La Ville souhaite ainsi s’assurer le soutien de financeurs comme l’État, la Région, le Département ou encore ­l’intercommunalité pour ses ­projets.

Une situation que l’élu explique par les premiers résultats de l’audit financier, mené par un cabinet indépendant (qui n’a pas été cité, Ndlr), montrant une épargne nette négative à partir de 2022 d’un montant de 542 000 euros et s’aggravant d’année en année. Dans l’opposition, l’ancien maire Cyril Nauth (RN), s’est lui inquiété d’une ­éventuelle hausse d’impôts et a dénoncé « une mascarade ».

« On a analysé à la fois la rétrospective et la prospective, détaille du mode opératoire Ari Benhacoun. C’est-à-dire la situation financière comment elle s’est exercée durant le dernier mandat, sur les six ans, sur les dépenses et les recettes et puis on a fait une photographie à l’instant T pour voir un petit peu les engagements, avec les variables d’évolution traditionnelles des ­collectivités ­territoriales. »

Lors de sa prise de parole, l’adjoint aux finances insiste sur « l’urgence » de la situation, évoquant notamment la programmation de financement pluriannuel (PPI) proposé par l’ancienne majorité de 23 millions d’euros, portée seulement par la commune via l’emprunt. « On s’était étonnés de cette situation […]. On a laissé la situation que proposait Monsieur Nauth […] et regardé s’il y avait une réalité à porter cette PPI », poursuit Ari Benhacoun.

Il insiste sur l’épargne nette de la commune : « Dès 2022 elle est en négatif, en 2023 on a une épargne nette de [moins] d’1,3 million et 2024, 2,342 millions. Ça veut dire que concrètement à partir de 2023 et 2024 ce n’est plus la commune qui gère le budget de la Ville mais c’est la Chambre régionale des comptes qui, sous l’autorité du préfet, vient remettre un peu d’ordre. »

« À ce moment-là si on obtient ces 70 %, notre PPI sera réaliste, on aura la capacité d’entretenir notre patrimoine et avec des décisions fortes et courageuses qu’il nous faudra assumer, il nous faudra porter une stratégie financière lisible sur tout le mandat », conclut Ari Benhacoun, adjoint aux finances.

Cette motion, fixe l’objectif d’atteindre « 70 % » de subventions sur tous les futurs investissements. « À ce moment-là si on obtient ces 70 %, notre PPI sera réaliste, on aura la capacité d’entretenir notre patrimoine et avec des décisions fortes et courageuses qu’il nous faudra assumer, il nous faudra porter une stratégie financière lisible sur tout le mandat », conclut Ari Benhacoun.

De quoi faire réagir Cyril Nauth. « Si je comprends bien, vous êtes en train de préparer psychologiquement la population à une augmentation de la fiscalité, rétorque-t-il. En tout cas, nous avons bien compris que vous serez incapable de gérer la collectivité sans un appui financier important d’autres partenaires. »

Sur l’isolement de la Ville sur la question des subventions, il répond également : « Nous n’avons jamais refusé d’être financés par d’autres collectivités, on aurait souhaité en avoir plus mais nous avons reçu des aides. […] En réalité nous n’avons été ­boycottés que par le Département. »

« Vous avez une épargne nette négative c’est infinançable, votre PPI elle n’a pas de sens, elle n’est pas financée, elle n’existe pas, à part dans votre délibération, vous le savez que vous n’avez pas une capacité d’emprunter de 23 millions sur le mandat avec les ressources de la collectivité », martèle pour sa part Ari Benhacoun.

Et de réfuter l’augmentation des impôts : « Qui vous a parlé d’augmenter les impôts, qui vous a parlé de ça ? » Les conclusions de l’audit financier, qui n’est pas encore finalisé, devraient être présentées lors d’un prochain conseil municipal ­exclusivement dédié à cette ­question.