Les compteurs Linky ne sont pas forcément les bienvenus en ville. L’édile, Lionel Wastl (EELV), en veut pour preuve les lettres qu’il reçoit de la part d’habitants refusant leur installation. Lors du conseil municipal du 30 septembre, la municipalité a donc formulé le vœu d’encadrer l’implantation de ces compteurs, en proposant notamment des permanences pour répondre aux interrogations des Andrésiens. L’une d’elle s’est déroulée en mairie annexe le 17 octobre. Ce jour-là, devant des représentants d’Enedis (en charge de l’implantation des compteurs Linky, ndlr), cinq à six habitants sont venus exprimer leurs craintes. Elles concernent, entre autres, l’usage des données personnelles enregistrées par les compteurs.

« Les gens s’inquiètent parce qu’ils craignent une intrusion dans leur quotidien, par rapport à leur consommation d’électricité. C’est le point qui fait le plus peur. Je ne sais pas quelles sont les données personnelles auxquelles vous avez accès », déclare une habitante du quartier des Charvaux souhaitant rester anonyme et qui, dès l’entrée dans la permanence, ne cache pas être « sceptique » quant à l’utilité de ce type de compteurs.

Outre le fait de pouvoir détecter les surtensions du réseau et ainsi protéger les appareils électriques à l’intérieur du domicile, les représentants d’Enedis insistent sur le fait que ces compteurs permettent aux clients de suivre au plus près leur consommation électrique pour éventuellement la réduire. « Nous ce qu’on fait avec Linky c’est qu’on relève une fois par jour vos consommations quotidiennes », affirme le directeur territorial Yvelines d’Enedis, Frédéric Veye, en garantissant à la riveraine qu’il lui est impossible de savoir à quel moment elle est, par exemple, dans sa salle de bain.

Si seules les « consommations quotidiennes » sont transmises en vue de faciliter la facturation à distance, Frédéric Veye ajoute néanmoins que le compteur Linky enregistre aussi « la consommation au pas horaire ou semi horaire » dans le cas où le consommateur souhaite suivre de près ses dépenses énergétiques. Or, comme l’avait rappelé le conseiller municipal d’opposition, Denis Faist (SE), lors du conseil municipal du 30 septembre, ces dernières données sont stockées à l’intérieur du compteur « pendant cinq mois au maximum » et sont collectées « uniquement avec l’accord » du client.

L’approbation des habitants n’est en revanche pas obligatoire pour la pose des compteurs Linky. Ce point est justement soulevé par plusieurs habitants dont l’adjoint à la démocratie participative et aux nouvelles technologies, Michel Près. « Si le compteur est à l’intérieur, il va se passer quoi ? Si le compteur est à l’extérieur, il va se passer quoi ? », interroge-t-il. À cette dernière question, la réponse des représentants d’Enedis est catégorique. « Si le compteur est à l’extérieur, on va le changer sans demander votre avis, même si vous êtes contre », tranchent-t-ils.

Pourtant, hormis le fait de prévenir la Ville des prochaines installations et de fournir « une plaquette d’informations sur les droits des personnes », Lionel Wastl expliquait en conseil municipal que le vœu formulé par la municipalité prévoit également « qu’en cas d’opposition écrite de l’usager au remplacement de son compteur, le maire ou son représentant, demandera à Enedis le report de son intervention afin d’engager une procédure de ­concertation en mairie ».

« On déploie le compteur Linky à Andrésy comme dans toutes les villes. Le vœu n’a pas de caractère contraignant », rétorque Frédéric Veye en précisant que pour maintenir des bonnes relations avec les clients et les communes, l’entreprise « essaye de mettre de l’eau dans [son] vin ». Pour Michel Près, « l’idée du vœu n’est pas d’être contraignant [mais] de s’assurer que, quand quelqu’un ne souhaite pas [installer le compteur Linky], il soit informé des conséquences en termes de prix » qui ­seront induits.

Frédéric Veye se montre prudent quant à l’éventuelle facturation des futurs relevés si les usagers venaient à refuser le changement de leur compteur à l’intérieur de leur domicile. « Les gens qui n’ont pas de compteurs Linky vont être relevés deux fois par ans, détaille-t-il. Les conditions d’exercice de cette relève sont en train d’être étudiées. Est-ce-que cela sera payant ? Est-ce-que cela sera gratuit ? Je ne sais pas. » En attendant, selon Lionel Wastl, environ « la moitié de la ville » était équipée d’un compteur Linky au 30 septembre. Ce chiffre est sous-estimé d’après Denis Faist.