« On cherche la façon de financer cette école qui n’a pas de financement aujourd’hui », assure prudemment, le maire carriérois Eddie Aït (SE), de l’un des dossiers les plus brûlants de la commune : la reconstruction de l’école élémentaire Jean Giono. Alors que celle-ci avait été avortée après plusieurs refus du conseil municipal de signer une convention de financement avec le Département, ses fonds sont à nouveau proposés à la nouvelle équipe en place mais devraient exclure la construction d’une crèche, dont le coût de fonctionnement semble être trop élevé pour la Ville.

Située dans le quartier Saint-Louis, l’école Jean Giono, qui reçoit près de 250 élèves, avait été définitivement rasée en février 2019 dans le cadre d’un projet de reconstruction mené par l’ancien maire, Christophe Delrieu (DVD). Seulement le 27 février 2020, lors d’un conseil municipal, l’opposition, dont faisait partie à l’époque Eddie Aït, avait, pour la quatrième fois, voté contre la signature de la convention de subvention Prior’Yvelines entre la Ville et le Département. Cette convention prévoyait des subventions à hauteur de 11,2 millions d’euros pour la démolition et reconstruction de l’école Giono, le financement de l’école du Parc Centralité et l’école des Dahlias, la construction d’une nouvelle crèche et un projet immobilier dans la zone d’aménagement concerté (Zac) Saint Louis.

Lors des conseils municipaux précédents, qui avaient été très tendus (voir les éditions des 9 et 23 octobre 2019), le groupe d’opposition, mené par Eddie Aït, avait dénoncé un projet « qui n’avait jamais été présenté au conseil municipal », quand d’autres pointaient du doigt le reste à charge pour la commune et le programme de logements prévu par la convention.

Située dans le quartier Saint-Louis, l’école Jean Giono, qui reçoit près de 250 élèves, avait été définitivement rasée en février 2019 dans le cadre d’un projet de reconstruction avorté un an plus tard.

Cela avait donc mené à l’abandon du chantier, dont le marché a été récemment clôturé par Eddie Aït. « C’est une obligation réglementaire du fait qu’il n’y ait pas de reconstruction engagée », précise-t-il, de nouveau installé dans le fauteuil de maire. Ainsi, depuis la rentrée scolaire de septembre 2019, les élèves sont contraints d’étudier dans des salles de classes préfabriquées installés dans l’ancienne cour de récréation et qui, de plus, étaient visiblement en mauvais état.

En fin de mandat, Christophe Delrieu s’inquiétait que ce quatrième refus refroidisse le Département à reproposer cette subvention, après les élections municipales de mars. Chose qui malgré tout, semble aujourd’hui bel et bien faite. « Il y a eu plusieurs réunions avec le conseil départemental, confie l’édile carriérois. On avance, une information sera communiquée aux parents à la fin de l’année civile. »

« Le Département va bien financer l’école Jean Giono dans le cadre d’un contrat Prior’Yvelines, confirme le Département. À l’époque le fait que le projet incluait une crèche avait posé un problème parce que la Ville n’avait pas les moyens de la gérer. La convention n’est donc pas remise en cause mais pourrait être amenée à évoluer, notamment en retirant cette crèche. » Interrogé sur l’éventuelle éviction de la convention du projet immobilier dans la Zac Saint Louis, décrié à l’époque par certains opposants, le Département n’a pas souhaité s’exprimer.

« L’histoire des logements du Prior n’existe pas puisque tout ce qui est annoncé est déjà livré », estime Eddie Aït qui indique que d’autres pistes de financement sont également à l’étude : « On a aussi sollicité l’État dans le cadre du plan de relance […] et surtout on doit définir un projet qui est conforme à l’évolution démographique et aux usages d’une école en réseau d’éducation prioritaire. »