Dans la soirée du 29 septembre, le débat est animé entre la quinzaine d’habitants du Clos de la tuilerie et les représentants de la municipalité. L’enjeu de la réunion, qui se tient en mairie ce soir-là, est de réfléchir à un nouvel aménagement paysager pour la place Pierre Bérégovoy, occupée depuis plusieurs mois l’été par la communauté des gens du voyage, mais aussi durant l’année par les lycéens. L’objectif est ainsi de limiter les nuisances engendrées par les rassemblements à ­proximité.

« On a un sujet qui est bien identifié depuis quelques années et qui gêne aussi la proximité, qui doit nous permettre de trouver une solution pérenne mais aussi une solution qui ne dénature pas votre quartier ou autour du lycée, souligne le maire DVG Michel Lebouc en préambule de la réunion. […] Le but de ces groupes de travail c’est que l’humain ne puisse plus accéder à cette place là […] et reste agréable. »

Les habitants reconnaissent cependant que le dialogue entre eux et les gens du voyage est en général « courtois, cordial ». Mais ils déplorent surtout les nuisances sonores et olfactives. « Ils faisaient leur barbecue sous nos fenêtres », note une Magnanvilloise. « Il y a beaucoup de déchets qui sont jetés », relève un autre. Après le départ des caravanes à la fin de l’été, des buttes de terres ont été déversées par les services techniques de la Ville. « On a eu l’après-midi pour combler, pour meubler et donner un semblant de forme, précise le directeur des services techniques. […] Cela a été fait de telle façon qu’en fin de compte il y a un giron complet de braquage ­impossible pour une ­caravane. »

Parmi les riverains, certains ont déjà commencé à réfléchir à l’aménagement et proposent une modélisation avec un cheminement sinueux, avec des espaces pour s’asseoir et des buttes fleuries. L’enveloppe budgétaire n’est pas encore définie. « On a des contraintes financières forcément, explique Françoise Gonichon, adjointe aux finances et à la citoyenneté. Pour l’instant on ne s’est pas dit on va mettre 5 000, on va mettre 100 000, ce qu’on veut c’est voir ce qu’on peut faire de joli, sympathique et efficace. » Le directeur des services techniques souligne : « Un projet c’est bien, l’investissement c’est bien, mais moi je pense au coût de fonctionnement derrière, il faut que ce soit des choses faciles d’entretien, qui demandent peu d’eau et qui vivent par ailleurs. »

Le fonctionnaire indique toutefois des orientations souhaitées : « On peut imaginer avoir des talus, types banquettes naturelles ou des assises pour les étudiants. » Il insiste sur la configuration de la place, « espace partagé en deux entités, la semaine on a les lycéens et, on le voit bien l’été, ils aiment bien s’allonger et le week-end c’est plus familial. » Avec ces aménagements, la municipalité espère pouvoir ainsi relier la place à la mairie par des chemins.

Au niveau du calendrier, « on aimerait arrêter le projet à la mi-novembre pour pouvoir lancer les devis et les appels d’offres, détaille Françoise Gonichon. On aimerait que ce soit aménagé pour le ­printemps prochain. »