Dans le cadre de l’arrêt de la production de voitures sur le site de Renault-Flins à l’horizon 2024, la direction de la marque au losange s’est rendue le 25 novembre dans l’entreprise, pour expliciter aux représentants syndicaux son projet de reconversion dans le reconditionnement automobile, baptisé Re-Factory, pour ­maintenir une activité sur le site. « On a eu un échange extraordinairement transparent […], résume de cette rencontre, lors d’une conférence de presse organisée le même jour, le président du conseil ­d’administration, Jean-­Dominique Senard. Nous savons tous que le statu quo n’est plus possible aujourd’hui pour Flins. On doit donc réinventer Flins. On est ici pour ­sauver Flins ».

Pour cela, le groupe Renault envisage dans un communiqué « de stocker plus de 45 000 véhicules d’occasion par an, dès septembre 2021 […] à destination du réseau commercial francilien ». Le délégué syndical de la CGT, Philippe Gommard, explique aussi que le site aura pour mission « de prendre des véhicules automobiles essence et diesel et [d’en] faire des ­véhicules électriques ».

La réparation des batteries de première vie est également envisagée par la direction. D’après un communiqué de presse, « une capacité de 20 000 réparations à l’horizon 2030 [est envisagée] grâce au développement d’une structure individuelle ». Du fait de ces nouvelles activités, le directeur général de Renault, Luca De Meo, annonce que Flins sera « la première usine européenne d’économie circulaire dédiée à la mobilité avec un bilan souhaité de CO2 ­négatif en 2030 ».

Le directeur général de Renault, Luca de Meo, affirme que l’usine de Flins sera « la première usine européenne d’économie circulaire dédiée à la mobilité, avec un objectif de bilan CO2 négatif en 2030 ».

Dans le but de mener à bien ces activités, la direction du groupe Renault a annoncé prévoir « plus de 3 000 emplois à l’horizon 2030 ». Pour Philippe Gommard, ce chiffre signifie donc « qu’il y a encore des suppressions d’emplois à venir sur le site de Flins car le site recense actuellement environ 4 200 emplois. » Le délégué syndical de Force Ouvrière, Éric Contoux, est néanmoins convaincu que ces suppressions ne concerneront pas les employés en CDI à Renault-Flins. « Tous les Renault (soit « 2 400 » personnes selon le syndicaliste, Ndlr) vont retrouver un emploi, explique-t-il. Il n’y aura pas de perte pour eux. »

Le doute est néanmoins permis pour les intérimaires. « Nous, ce qui nous embête, c’est tous les intérimaires de la région […], les sous-traitants et pour tous ces gens-là, c’est le point d’interrogation. On voit beaucoup d’intérimaires et ils nous disent « et nous, qu’est-ce-qu’on va devenir ? » Là, aujourd’hui, c’est vrai qu’on ne sait pas quoi répondre. C’est notre grand regret », nuance néanmoins par la suite Éric Contoux.

Bien que le détail des 3 000 emplois annoncés par le groupe Renault à Aubergenville ne soit pas mentionné, Luca De Meo précise qu’ils seront aussi ouverts aux 250 employés de Choisy-le-Roi. Implanté dans le Val-de-Marne et spécialisé dans le reconditionnement, ce dernier site fermera ses portes lors de son transfert d’activité à Renault-Flins. C’est pourquoi les représentants syndicaux de ce dernier site étaient présents le 25 novembre pour rencontrer la direction du groupe Renault. « Le choix de la direction c’est clair que cela aurait été que 100 % des salariés de Choisy-le-Roi viennent à Flins […], ajoute Éric Contoux qui insiste sur le fait qu’ils sont déjà formés aux activités de ­reconditionnement automobile. Mais, pour l’instant, dans ce que l’on entend, il y aurait peut-être entre 20 et, au grand mot, 30 % des salariés de Choisy-le-Roi qui ­pourraient venir sur le site de Flins. »