La trésorerie de Limay est-elle vouée à fermer ? Les Limayens s’interrogent probablement depuis la motion de préservation des missions de ce service public, votée en conseil municipal le 25 juin 2019. Convaincus que la réforme de la direction générale des finances publiques, visant à moderniser les pratiques de la trésorerie en 2023, aura pour conséquence « la disparition de ce service public », les élus appellent même, dans le bulletin municipal de septembre-octobre dernier, les habitants à se réunir en « collectif de soutien et de défense de la trésorerie ». La direction départementale des finances publiques (DDFIP), elle, nie l’éventualité d’une fermeture de la trésorerie.

« Je ne vous cache pas que je suis un peu surpris par l’initiative du maire […], confie le 27 novembre le directeur de la DDFIP des Yvelines, Denis Dahan. Non seulement nous n’allons pas fermer Limay, comme tous les endroits dans lesquels nous avons une trésorerie dans le Département, mais nous allons améliorer les services pour le public. »

Pour cela, il s’appuie notamment sur un courrier, daté du 6 juin 2019, que s’est procuré La Gazette dans lequel l’ancien ministre de l’action et des comptes publics et actuel ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin (LREM), expliquait au président du Département, Pierre Bédier (LR), que « le ministère […] souhaite renforcer fortement la présence des services publics dans les territoires et moderniser l’action publique ». Expliquant que « depuis 2012, près de 700 points de contact ont été fermés », Gérald Darmanin déclare qu’il « souhaite arrêter [cela] » en renforçant la « présence de la DGFIP dans 34 communes [yvelinoises], soit onze de plus ­qu’actuellement ».

La conseillère municipale en charge notamment du développement des services publics, Muriel Dangerville, n’en croit cependant pas un mot. « À Limay, nous n’avons jamais été dupes et nous savons quels dégâts sont cachés par ce genre de propos idylliques », lâche-t-elle en dénonçant la transformation de la trésorerie en une permanence accessible uniquement sur rendez-vous. « Quand les gens vont vouloir venir, on leur demandera des choses pour savoir si cela vaut le coup de les recevoir », regrette-t-elle, tout en dénonçant une baisse de ­l’amplitude horaire de la ­trésorerie.

D’après un courrier du 21 juillet adressé au maire, Éric Roulot (PCF), par le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot, ce dernier explique que « ces permanences seront tenues en priorité durant les périodes utiles et d’affluence des contribuables en mai (déclaration de revenus), septembre (paiement du solde de l’impôt sur le revenu), octobre, novembre, jusqu’à la mi-décembre (calcul et paiement de la taxe d’habitation et de la taxe foncière) ».

Concernant la prise de rendez-vous, le préfet y voit aussi un gage de qualité car une « équipe fiscale de la DGFIP répondra aux questions les plus simples et, pour celles plus complexes, organisera un rendez-vous de qualité, avec la confidentialité adaptée, entre le contribuable et un agent du service des impôts des particuliers (SIP) à la permanence de Limay, sans nécessiter à l’avenir pour le contribuable de se déplacer à Mantes-la-Jolie (au centre des finances publiques, Ndlr) ».

Pour Denis Dahan, cela s’explique par le fait que des employés à Mantes-la-Jolie, habilités à répondre aux questions concernant les calculs de paiement de l’impôt, travailleront, durant les permanences, à la trésorerie de Limay qui, actuellement, « n’est pas habilitée » pour y répondre. « C’est cela la grande différence [par rapport à la situation actuelle], déclare-t-il. C’est pourquoi je dis que le service est non seulement maintenu mais aussi qu’il est ­amélioré. »

Ces explications semblent con­vaincre l’élue d’opposition limayenne, Cécile Dumoulin (LR). « Non, la trésorerie ne fermera pas […], écrit-t-elle dans un communiqué de presse, daté du 30 novembre, en rappelant que les évolutions ne s’appliqueront qu’à partir de 2023. L’accueil du public sera maintenu […] et une amélioration du service public sera rendue par la prise de rendez-vous à la permanence de Limay, alors qu’avant il fallait se déplacer au centre des impôts à Mantes. »

Persuadée que les transferts d’activités conduiront inévitablement à une suppression d’emplois à la trésorerie de Limay, Muriel Dangerville prévient : « Limay ne fermerait pas tout de suite. J’utilise du conditionnel mais cela ne serait pas pour tout de suite car ils savent qu’à Limay, on ne se laisse pas faire. » Les propos d’une fermeture au-delà de cette date ne sont pas confirmés par le directeur ­départemental des finances publiques.