De l’aveu même du président du conseil d’administration de l’établissement public d’aménagement du Mantois Seine aval (Epamsa), Pierre Bédier (LR), le projet de la zone d’aménagement concertée de Mantes Université, lancé en 2006, « était dans les limbes pendant quelques temps ». Sur une zone de 40 ha, l’ensemble est destiné à accueillir environ 2 500 logements, certains ayant déjà été livrés, des commerces en pied d’immeuble, mais surtout à donner une seconde vie à la halle Sulzer, ancien bâtiment dédié à l’assemblage de pompes et de moteurs de bateaux mesurant 300 m de long, 30 m de large et 30 m de haut.

Un projet commercial en 2015, puis de pôle musical avaient été évoqués puis avortés. En mars 2019, une présentation du futur projet devait être faite par l’Epamsa au Marché international des professionnels de l’immobilier de Cannes (Côte d’Azur), avant finalement d’être, elle aussi, repoussée. C’est finalement ce lundi 7 décembre, lors d’une conférence de presse qu’ont été dévoilées les orientations prises par l’Epamsa pour ce bâtiment, « qui rappelle le passé industriel de Mantes-la-Ville » mais qui faisait office de « barrière au milieu du quartier », insiste Pierre Bédier. D’autres aménagements ont également été présentés, comme la création d’un mail planté, ou encore l’extension du parking-silo pour passer de 500 à 750 places.

Divisée en tiers, la structure accueillera dans un premier temps une pépinière qui fournira les essences des différents espaces paysagers présents sur la Zac avant de se transformer en un pôle universitaire à l’Est, en « jardin d’hiver » pour sa partie centrale et d’un équipement culturel « structurel » dans sa partie Ouest. Les travaux pour sa réhabilitation devraient commencer l’année prochaine. Pour l’heure, le coût total de l’opération « n’est pas stabilisé, mais on est sur des opérations qui font entre 60 et 80 millions d’euros », souligne Emmanuel Mercenier, directeur général de l’Epamsa.

La programmation tripartite qui permettra à l’Est la poursuite de la constitution d’un pôle universitaire réunissant l’IUT de Mantes-en-Yvelines (actuellement situé prés d’Intermarché, Ndlr), le CFAi Mécavenir et l’Institut des sciences et techniques des Yvelines, à l’horizon 2023-2024.

Le nouveau plan-guide d’aménagement de Mantes Université a ainsi été finalisé « à l’automne », fait remarquer ce dernier. « Ce plan-guide est articulé autour d’îlots bâtis, […], avec des espaces verts au cœur de ces îlots, détaille-t-il. […] Deuxième chose, la halle Sulzer est un élément emblématique de secteur et il a été convenu de garder cette trace […], de la mettre en valeur par des perspectives de mise en scène. »

Ainsi, il sera possible, depuis la gare, de rejoindre le bâtiment par « deux voies piétonnes traversantes », qui marqueront la division de la halle Sulzer en trois. « Le principe retenu c’est de réhabiliter cette halle, poursuit le directeur général. On va conserver la structure métallique, on va la rénover, c’est un travail qui va être entrepris l’année prochaine et qui va être assez conséquent. […] En revanche, tout ce qui est murs périphériques et toitures vont être tombés. »

La programmation tripartite qui permettra à l’Est la poursuite de la constitution d’un pôle universitaire réunissant l’IUT de Mantes-en-Yvelines (actuellement situé près d’Intermarché, Ndlr), le CFAi Mécavenir et l’Institut des sciences et techniques des Yvelines, à l’horizon 2023-2024. « L’IUT et Mécavenir vont mutualiser leurs espaces, en gros c’est 1 500 étudiants », indique Emmanuel Mercenier. En septembre dernier, le Département avait ainsi lancé un appel d’offres pour une « mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour la programmation, […] la conception […] et mission d’assistance au pilotage de l’opération du pôle universitaire du Mantois ».

Ce bâtiment mutualisé entre l’IUT et le CFAi devrait avoir une superficie de « 14 000 m² » et comprendre « des locaux d’enseignement et locaux tertiaires, des espaces de partage et de convivialité des parkings en sous-sol, un espace cafétéria, un centre de ressources », précise l’appel d’offres. « Ce sera des bâtiments légers, en constructions biosourcées et aux volumes simples sont construits sous les structures métalliques », note Emmanuel Mercenier. Le coût de l’opération seule est quant à lui estimé par le Département à « 62 millions d’euros TTC », détaille le marché public. Le directeur général de l’Epamsa insiste sur des inspirations telles que le jardin des Fonderies et les Machines de l’île à Nantes (Loire-Atlantique) et la Station F, campus de jeunes pousses à Paris.

Enfin, à l’Ouest, « l’idée est de conserver le mur au niveau de l’avenue, pour faire un bloc un peu plus sombre qui nous permettrait par exemple, c’est une idée qui pourrait âtre approfondie, vous avez l’Atelier des Lumières à Paris qui pourrait, ça ou un équivalent, être mis en œuvre dans ce troisième tiers », s’enthousiasme Emmanuel Mercenier, directeur général de l’Epamsa.

Au centre, un jardin d’hiver, « sur le même principe que le jardin des Fonderies à Nantes […], on imagine ça avec des façades latérales qui sont ouvertes, une promenade plantée avec un cœur végétalisé qui pourra symboliser la résilience de l’édifice », enchaîne Emmanuel Mercenier. Enfin, à l’Ouest, « l’idée est de conserver le mur au niveau de l’avenue, pour faire un bloc un peu plus sombre qui nous permettrait par exemple, c’est une idée qui pourrait âtre approfondie, vous avez l’Atelier des Lumières à Paris qui pourrait, ça ou un équivalent, être mis en œuvre dans ce troisième tiers », ­s’enthousiasme-t-il.

Pierre Bédier sait en tout cas ce que cela ne sera pas « une salle de concerts ». S’il reconnaît qu’il n’y a « pas de limites » au projet porté, par le privé ou une structure départementale, il s’agira plutôt d’une structure « plutôt tournée vers les arts plastiques et numériques, est-ce que ce n’est pas un endroit pour faire un musée numérique », explique-t-il. Une décision concernant cet équipement sera prise « dans le courant de l’année ».

Le temps que les différents équipements se construisent, la halle Sulzer sera lieu « d’urbanisme transitoire », un dispositif que détaille Emmanuel Mercenier : « On réhabilite la structure métallique […] et l’idée de l’urbanisme transitoire c’est d’occuper la halle par une pépinière. […] Pas seulement pour faire une pépinière, ce sera des essences arbustives et autres qui seront plantées sur la Zac, le long des voiries publiques […] et d’assurer un premier ­verdissement hors-sol de l’opération. »

Groupe scolaire, plusieurs terrains à l’étude

Lors de cette conférence de presse, le maire mantevillois et désormais deuxième vice-président au sein de l’Epamsa, Sami Damergy (SE), a confirmé que « deux-trois emplacements ont déjà été visualisés » dans le cadre de la réaffectation d’un terrain au nouveau groupe scolaire. « On est en train de les regarder ensemble, avec la ville voisine de Buchelay », précise-t-il également. L’un de ses emplacements est notamment situé derrière la halle Sulzer.

Le choix définitif sera connu « d’ici deux mois », assure l’édile mantevillois. « La seule certitude que l’on a c’est que ce sera un équipement intercommunal […] et que donc à ce titre, elle bénéficiera de subventions exceptionnelles du Département », précise Pierre Bédier (LR), président du conseil d’administration de l’Epamsa et président du Département. La date d’ouverture de l’équipement n’est cependant pas connue. « Si on fait une inauguration en 2023, c’est qu’on n’aura pas perdu de temps », conclut-il.