Le soleil est encore loin de se lever, mais, à Poissy, l’agence Colissimo de la Poste est déjà en effervescence. Depuis le confinement et avec les fêtes de fin d’année qui se profilent, les commandes en ligne explosent et la plateforme pisciacaise fait face à un afflux de colis exceptionnel. « C’est la première fois que je vois ça aussi tôt dans l’année », s’étonne encore Myrella Ladamus, agent de poste dans les Yvelines depuis maintenant quatre ans. Ici, depuis quelques jours, la barre symbolique des 30 000 colis quotidiens à été franchie. Dans l’entrepôt, une soixantaine de camionnettes sont rangées en ordre de bataille pendant que les livreurs s’empressent de les remplir. Dès 7 h, ils desserviront une cinquantaine de communes yvelinoises.

« Avec la crise sanitaire, on note une hausse du trafic de colis de plus de 30 %, se réjouit Mickaël Lopes, le directeur de cette fourmilière jaune. Habituellement on enregistre plutôt une progression annuelle de 10 %. » Les rails de son trieur automatique dévoilent ainsi l’ampleur du boom du e-commerce favorisé par les confinements.

« On remarque qu’il y a des types de colis qu’on ne voyait pas avant, comme des meubles », souligne Mickaël Lopes. « Maintenant on livre vraiment de tout, même du papier toilette », confirme Myrella Ladamus qui rencontre désormais dans ses livraisons une clientèle plus âgée et plus rurale. En pleine période de « Black Friday » et à l’approche de Noël, le rythme s’intensifie encore davantage pour elle. Cette année, le site anticipe une croissance de plus 50 % au 15 décembre contre 35 % en temps normal.

« C’est un rythme à prendre parce que c’est vrai que si on a 200 colis à livrer pendant plusieurs jours d’affilée ça fait beaucoup », explique Myrella Ladamus, agent de poste à Poissy.

« On passe de 156 à 213 tournées, on est même en train de voir si on peut encore augmenter », indique le ­directeur. Pour cette période de rush, le site pisciacais a fait appel à du renfort. Depuis le début du mois de novembre, 30 personnes ont été recrutées en CDD et des heures ­supplémentaires distribuées.

« C’est un rythme à prendre parce que c’est vrai que si on a 200 colis à livrer pendant plusieurs jours d’affilée ça fait beaucoup », explique Myrella Ladamus en scannant les cartons un à un. Un autre salarié souligne que la présence d’un trieur de colis automatique « limite beaucoup les efforts ­physiques » par rapport à d’autres sites.

Si la direction prévoit de prolonger certains de ses agents « jusqu’à la fin du mois de janvier pour les soldes », la CGT, elle, demande qu’ils puissent être conservés définitivement. « Le plus important c’est qu’on ne manque pas de personnel pendant cette période-là, ce qui pour le moment a été bien géré », rapporte un représentant ­syndical.