Dans le cadre des fonds débloqués par le Plan de relance, deux entreprises, situées dans la zone d’activités des Hauts reposoirs et la zone industrielle Limay-Porcheville, ont candidaté et ont été notifiées, il y a quelques semaines, de l’obtention des fonds.

La première, Belbéoc’h, société d’élagage, souhaite acquérir une parcelle annexe à son site limayen, afin de pouvoir investir dans une scierie et recréer une filière de valorisation du bois dans le Mantois. La seconde, le chimiste Sequens, souhaite relocaliser en France la production de sept principes actifs et cinq molécules intermédiaires (servant à la fabrication de principes actifs, Ndlr).

Pour ces deux entreprises, de taille et d’envergure différentes, mais toutes les deux impactées dans leurs activités par la crise sanitaire liée au Covid-19, il s’agit avant tout de développer de nouvelles activités et de créer des emplois locaux.

« L’objectif du plan de relance c’est de préparer l’économie pour 2030 », détaille des modalités le sous-préfet de Mantes-la-Jolie, Gérard Derouin, le 6 décembre dernier, lors d’une conférence de presse au Sequens Lab. Les 100 milliards d’euros proposés par ce plan de relance sont ainsi divisés en plusieurs blocs, comprenant notamment « le verdissement de l’économie » ou encore « l’indépendance économique et la compétitivité ». Et le sous-préfet insiste : « Il n’y a pas de petits projets. »

Créée en 1986 à Orgerus, dans le Pays houdanais, l’entreprise Belbéoc’h est implantée depuis 2008 dans la zone d’activités des Hauts reposoirs et récolte environ 7 000 tonnes de bois par an. Avec deux autres sites à Quimper (Finistère) et Roissy (Val-d’Oise), l’entreprise emploie au total 80 personnes. « Le but c’est de faire un maillage géographique plus dense, diversifier un peu nos activités et puis surtout revaloriser tout le bois que l’on coupe », note Gabrielle Belbéoc’h, cofondatrice de ­l’entreprise avec son mari.

« Quand j’ai commencé à travailler il y a une quarantaine d’années, à Mulcent, à Limay, Méré, aux Mureaux, il y avait une vraie activité qui a disparu depuis 15 ans », se souvient Patrick Belbéoc’h, le fondateur.

Ses clients sont surtout des collectivités et des administrations. « On a été à l’arrêt, tout s’est stoppé net, il y a eu une période d’incertitude, on pouvait travailler mais ce sont nos clients qui avaient peur donc qui ont reporté tous les chantiers en cours, précise-t-elle des conséquences du premier confinement du printemps. On a travaillé les urgences et les choses qu’on ne pouvait pas décaler mais oui on a été très ralentis, on a eu deux mois de mauvais chiffres. Ce n’est pas trop mal reparti, mais cette période de creux on l’a ressentie sur les mois suivants. »

D’où la volonté désormais d’acheter un terrain d’un hectare adjacent, afin de « ne pas être dépendants d’une seule activité » et de pouvoir développer trois axes. Le premier serait l’installation d’une scierie mobile, afin de revaloriser certains bois récoltés. « Quand j’ai commencé à travailler il y a une quarantaine d’années, à Mulcent, à Limay, à Méré, aux Mureaux, il y avait une vraie activité qui a disparu depuis 15 ans, se souvient Patrick Belbéoc’h, le fondateur. […] On récupère souvent des bois d’œuvre, des bois précieux dans nos travaux […] et autant les valoriser, les revendre à des artisans, c’est plus logique, […] pour eux ça leur revient moins cher, ils viennent quand ils veulent et on les sert tout de suite. »

Les autres essences seraient transformées en bois de chauffage ou en matériaux à destination de fermes utilisant la permaculture. Sur son site limayen, l’entreprise aimerait également installer un système de phytoépuration, dont les salariés du site seraient formés à l’entetien. « C’est l’écoulement des eaux usées qui sont filtrées par les plantes », résume Gabrielle Belbéoc’h du procédé. Enfin, l’entreprise aimerait installer une plateforme de compostage à destination des entreprises, pour récupérer leurs déchets, ainsi qu’un petit espace de vente de copeaux pour les particuliers. Un projet chiffré à 1,4 million d’euros qui recevra ainsi 575 000 euros d’aide de l’État et permettra la création de cinq ­nouveaux emplois.

De l’autre côté de la RD 190, le groupe Sequens, 3 200 collaborateurs dans le monde, dont 130 dans son centre de R&D porchevillois, a choisi d’investir 65 millions d’euros, dont 20 % d’aides de l’État et un prêt de la Banque publique d’investissements sur quatre sites de productions et le centre porchevillois afin de « créer une plateforme technologique », souligne Gauthier Decok, le directeur du site, et surtout la « sécurisation d’approvisionnement de la chaîne du médicament », par la production de nouveaux principes actifs, fabriqués jusqu’ici en Asie, poursuit Christophe Eychenne-­Baron, ­responsable R&D du groupe.

« Pour faire un principe actif c’est un Lego, on part de plein d’intermédiaires, de matières premières, poursuit Christophe Eychenne-Baron, responsable R&D du groupe Sequens. Il suffit qu’une de ces matières premières soient manquantes parce que c’est acheté en Chine avec une seule usine qui peut produire, pour des raisons diverses et variées, incapacité de se fournir on se retrouve avec une chaîne complète qui peut s’arrêter. »

« Pour faire un principe actif c’est un Lego, on part de plein d’intermédiaires, de matières premières, poursuit le cadre. Il suffit qu’une de ces matières premières soit manquante parce que c’est acheté en Chine avec une seule usine qui peut produire, pour des raisons diverses et variées, incapacité de se fournir, on se retrouve avec une chaîne complète qui peut s’arrêter. »

Une situation que la crise sanitaire a particulièrement mise en exergue, en particulier pour les antivirus et les médicaments de réanimation. Ces 12 molécules démarreraient « sur le site de Porcheville puis il y aura une production sur différents sites, détaille Christophe Eychenne-Baron. Dont un site clé dans l’infrastructure, le site de Limay, on développera ici, on transférera pour monter en volume, on commence en grammes et on monte à quelques dizaines, centaines de kilos dans le site de production. »

Cette production passera par le procédé de la chimie continue qui « va nous permettre de développer des procédés plus compétitifs, mais aussi plus verts, moins énergivores et en utilisant moins de solvants, c’est aussi un axe extrêmement important pour nous et qui nous permet de nous différencier à terme par rapport aux autres », insiste Philippe Clavel, responsable des ­activités pharmaceutiques du groupe.

Des « innovations technologiques » qui permettront de « synthétiser, caractériser les molécules plus vite » mais qui seront également capables « d’analyser en parallèle d’autres molécules ». Philippe Clavel estime ainsi à une cinquantaine, le nombre d’emplois directs créés par ce développement : « Il y a à la fois des emplois qui vont être créés pour les besoins d’accélération des produits, il faudra embaucher spécifiquement et après il y a des emplois pérennes parce qu’avec la modernisation, l’augmentation de nos capacités en R&D, il faut des gens en face. »