Jeudi 10 décembre. Des bruits de scies sauteuses résonnent dans les ateliers dédiés à la filière de maintenance nautique du lycée professionnel conflanais Simone Weil. Elles sont manipulées par trois élèves de seconde dont deux filles, qui apprennent à les utiliser tandis que leurs camarades démontent des moteurs et que deux autres, Alexandre et Schams-Eddine, scolarisés en première dans cette filière, réalisent des vidanges. Bien que tous reconnaissent l’utilité de s’exercer dans les ateliers du lycée, ces deux derniers regrettent toutefois de ne pas avoir pu appliquer l’an dernier leurs compétences en stage, en raison de ­l’épidémie de coronavirus.

« Malheureusement, on n’a pas fait de stages l’an dernier à cause du Covid-19, déplore Alexandre quand on lui demande comment le contexte sanitaire affecte sa scolarité. On a donc eu des stages en moins. Du coup, on n’a pas [encore] de connaissances sur le monde professionnel en entreprise. » Pourtant, selon la brochure de la filière, disponible sur le site internet de l’établissement, lyc-weil-conflans.ac-versailles.fr, « 22 semaines de stages [sont habituellement] réparties sur les trois années de scolarité ».

Malgré tout, le professeur en maintenance nautique, Clément Jamain, affirme ne pas ressentir d’inquiétudes de la part de ses élèves. « Moi je n’ai pas eu cette impression. Après, c’est vrai que ce sont des heures de formation qui leur manquent. Ce sont des heures qu’ils n’ont pas eues. Ils se sentent peut-être un peu moins forts qu’ils auraient dû l’être ou avec moins de compétences qu’ils auraient dû avoir », confie l’enseignant qui se veut néanmoins rassurant en précisant que ce sentiment est « le cas dans toutes les filières » et, qu’avec ses collègues, il « essaye de remonter [le niveau de compétences des élèves] le plus possible » pour ­compenser l’absence de stages l’an dernier.

Alors que le contexte sanitaire est incertain, l’équipe pédagogique de l’établissement se veut optimiste quant au maintien cette année des formations en entreprise. « Même si [depuis la rentrée] on a eu un confinement un peu plus durci en novembre, les entreprises ont mis tout en œuvre pour que les stagiaires gardent leurs stages. Dans un cadre différent, ils ont tous conservé leurs stages, tous nos élèves de terminale », indique la direction de l’établissement.

« L’an dernier, si on s’en souvient bien, les entreprises étaient aussi même prêtes à les prendre », nuance Clément Jamain qui précise toutefois que, le 10 décembre, le lycée n’avait pour l’instant « pas de contre-indication » à la tenue des stages sur l’année scolaire 2020-2021.

Des « dons » pour permettre aux élèves de s’exercer

Avant d’appliquer leurs compétences en entreprise, les élèves s’exercent dans les ateliers du lycée Simone Weil. Outre l’achat de matériel de la part de l’établissement, l’enseignant de maintenance nautique, Clément Jamain, précise que les pièces sur lesquelles les élèves apprennent la maîtrise des gestes techniques proviennent « beaucoup de dons ».

« On a aussi des gens qui nous laissent leurs bateaux et qui nous disent, par exemple, « on a un bout de coque à réparer » », ajoute le professeur. « Ce sont des gens qui ne sont pas pressés, qui ont envie de partager avec les élèves, d’échanger […], précise la direction. Quand on accepte quelqu’un qui vient avec son bateau c’est parce qu’on sait qu’à un moment, cela rentre dans la ­progression pédagogique et que cela va avoir un intérêt pour le client. »