Dès les premières minutes de la réunion publique, organisée à l’automne (avant les nouvelles mesures de confinement, Ndlr) et dédiée aux problèmes de circulation et de stationnement dans ce petit village du Vexin, l’édile Jean-Luc Gris (SE) avait donné le ton : « On ne va pas faire une liste à la Prévert. »

Depuis plusieurs années, la municipalité tente de réduire ces différents problèmes, par le biais d’une commission consultative, afin de proposer des aménagements routiers et créer un plan de circulation et de stationnement. Mais elle reste consciente qu’en réglant une problématique sur un coin de rue, le souci se déplace ailleurs. Chose dont on pu se rendre compte une quinzaine d’habitants participant à un tour du village quelques semaines plus tard.

Sens de circulation et vitesse, danger pour les piétons et absence de signalisations sont les premiers sujets soulevés par les Gaillonnais. « Une rue étroite donne une perception de la vitesse faussée », pointe un habitant. « Pour venir de la petite couronne et de villes très denses je me retrouve dans une situation où en tant que piéton j’avais moins peur à Champigny-sur-Marne ou Boulogne-sur-Seine où il y a des aménagements partout, que dans un petit village », abonde un second.

Et dès le début de la visite de terrain, au mois d’octobre, les premières difficultés arrivent. « La signalisation n’est pas ce qu’elle devrait être, déplore Jean-Luc Gris à propos du rond-point de la place de la mairie. Quand ils descendent, les gens ne prennent pas le rond-point, il est trop bas. » Le stationnement sur la place adjacente empêche, lui, les bus et transports scolaires de manœuvrer correctement pour tourner, les obligeant à faire des marches arrières. « Toutes les voitures gênent, là c’est clair, note un Gaillonnais. Normalement c’était prévu pour que le bus puisse aller en ligne droite, tourner sur le rond-point sans faire de marche arrière. »

Des solutions possibles, les riverains proposent, dans un premier temps, d’améliorer la signalisation par des flèches matérialisant les différentes voies, ou un stationnement réglementé à certaines plages horaires. Mais lors de cette balade, l’édile tient aussi à rappeler à ses administrés qu’eux aussi peuvent être responsables de mauvais comportements : à l’intersection des rues de la Cavée et de la Grande rue, une voiture stationne, malgré le panneau d’interdiction. « Aujourd’hui ça se fait à la bonne franquette […] à partir du moment où on réglementera […] ce sera le commissariat, note l’élu. Quand le commissariat se déplacera dans la commune, […] ils aligneront tout le monde. »

La difficulté de résoudre un problème sans en créer un autre, fait sens à une autre intersection, celle des rues de la Douaye et des Bouts de la ville. Une réflexion ayant été menée pour passer la première rue en sens unique afin d’éviter un démarrage en côte pour ceux empruntant la seconde. « Ils montent dans la côte, ils accélèrent et quand ils sont en haut ils ne décélèrent pas, note un riverain de rue des Bouts de la ville. […] On sait très bien que la plupart du temps il n’y a pas beaucoup de véhicules qui sortent de là et quand on traverse on ne ralentit pas nous. » Un autre constate également le danger de l’intersection, en pente : « C’est vrai que c’est tellement incliné qu’on ne réfléchit pas à la priorité, juste à se sortir du truc. » Jean-Luc Gris, lui, se montre plus nuancé : « Si on interdit aux véhicules de monter là, ça veut dire qu’on règle le problème de la visibilité. Maintenant s’il n’y a plus de visibilité, le mec qui arrive [rue des Bouts de la ville] il sait qu’il n’y a plus personne et donc il fonce, ça ne règle pas le problème de vitesse. »