Derrière la porte de cet établissement discret, s’organisait, depuis plusieurs mois, des soirées clandestines. Ce mercredi 6 janvier, la police y a trouvé une cinquantaine de personnes réunies dans un bar à chicha, bien après les délais imposés par le couvre-feu, et en dépit total de l’interdiction de recevoir du public.

Il est environ 22 h 50, lorsqu’une patrouille de police aperçoit de l’agitation dans la zone commerciale, située rue des Pléiades. « Ça les a intrigués au vu de la zone et de l’heure, souligne une source proche de l’enquête. Ils pensaient que ces gens étaient en train de faire un ­cambriolage. »

En s’approchant, les trois fonctionnaires trouvent devant eux, un local commercial nu de toute enseigne. De l’autre côté de ces murs se trouve en réalité un bar à chicha nommé l’O’thentic. Et en poussant la porte opaque, restée déverrouillée, les policiers découvrent une cinquante de jeunes faisant la fête à l’intérieur. « Il y a eu une envolée de moineaux, la plupart des personnes ont réussi à s’enfuir par une autre porte située à l’arrière-boutique », décrit une source policière.

Sept personnes, âgées de 19 à 25 ans et « originaires du secteur », ont tout de même pu être interpellées et placées en garde à vue. « Au début ce n’était pas très clair, finalement les auditions ont permis de comprendre que c’était des clients qui venaient là régulièrement depuis le confinement et que la chicha était complètement ouverte », rapporte cette même source des auditions menées le lendemain. Tous sont ressortis libres avec une amende de 135 euros pour non-respect du couvre-feu.

Les premiers éléments de l’enquête laisseraient à penser que l’établissement recevait illégalement du public depuis le 17 octobre alors qu’il continuait de toucher les aides de l’État pour survivre à la crise sanitaire. Le gérant du bar à chicha s’est présenté au commissariat des Mureaux le 7 janvier pour être auditionné à son tour.

« Il a fait mine de n’être au courant de rien », rapporte une source policière, précisant que ce dernier n’était pas sur place la veille. Une seconde enquête va s’ouvrir sur ces faits qui, s’ils sont avérés, pourraient entraîner la fermeture administrative de l’établissement muriautin.