Rien ne le prédisposait à faire du badminton. Méril Loquette, un Andrésien de 24 ans, représentera pourtant la France dans cette discipline aux Jeux Paralympiques de Tokyo, prévus du 24 août au 5 septembre prochains. Actuellement cinquième au classement mondial, Méril Loquette ne l’a pourtant découvert qu’au collège en cours d’éducation physique et sportive. Depuis l’âge de trois ans, le sportif pratiquait le judo qu’il a poursuivi, en niveau Nationale, jusqu’à ses 17 ans. Se consacrant désormais pleinement à sa carrière de badiste, Méril Loquette n’a désormais plus qu’un rêve en tête : décrocher une médaille aux prochains Jeux ­Paralympiques.

« [Mon objectif c’est de] tout défoncer », déclare le 28 janvier le sportif ayant terminé troisième européen en simple et vice-champion d’Europe en double, lors de sa première compétition internationale en 2016. Pour cela, il s’entraîne environ quatre heures par jour : « C’est entre trois et quatre heures selon la fatigue, les crampes. C’est le corps qui décide. Et puis, c’est un sport qui est très dur pour les articulations. C’est assez agressif. »

Pour parfaire son entraînement, le jeune sportif a aussi participé, fin décembre, à un stage international au Danemark, avec des joueurs de badminton valides. « Par chance, mon handicap (Méril Loquette n’a qu’une seule main, Ndlr) me permet de jouer avec des valides », explique-t-il avant d’ajouter que le plus difficile actuellement est d’être privé de compétitions et, par conséquent, de ne pas connaître la condition physique de ses futurs adversaires. « C’est le plus dur parce qu’on ne sait pas si nos adversaires progressent, où ils en sont, s’ils sont blessés. On ne sait pas, on se sait rien », détaille-t-il.

Bien que le contexte sanitaire le prive de compétitions, Méril Loquette se réjouit toutefois que l’épidémie ait conduit, l’année dernière, au report des Jeux Paralympiques. « Le fait qu’ils aient été reportés, ce n’est que bien pour moi parce que je n’étais pas prêt mentalement et dans mon jeu de base, je n’étais pas assez fort. Le fait qu’il y ait un an de plus, cela m’a permis de m’entraîner et ­surtout, là, ces derniers temps, je suis en pleine bourre », lâche celui qui souhaite pouvoir poursuivre sa carrière professionnelle jusqu’aux Jeux Paralympiques de Los Angeles en 2028.

Pour l’aider, la Ville d’Andrésy a octroyé au jeune andrésien « une bourse individuelle de 5 000 euros ». « Cinq mille euros, on croirait que c’est rien sur une année mais cela peut vraiment aider […], se réjouit Méril Loquette, qui affirme pouvoir vivre de son sport grâce à ses titres qui attirent désormais des sponsors. Le fait d’être aidé moralement et financièrement, c’est ce qu’il y a de mieux. » Si le contexte sanitaire le permet, le maire, Lionel Wastl (EELV), prévoit, lui, d’organiser des animations autour de ­l’événement.

La Ville d’Andrésy souhaite promouvoir le handisport

Le 28 janvier, le maire de la commune andrésienne, Lionel Wastl (EELV), a annoncé qu’il veut promouvoir le handisport, notamment grâce à la création d’une commission dédiée aux questions du handicap. « On développe des actions avec les associations sportives pour que celles-ci puissent développer du handisport, déclare-t-il. Par exemple, l’année dernière, le club de basket-ball a organisé un match en fauteuil roulant. C’est ce genre de choses qu’on veut faire et on va les amener à faire cela par le biais d’une convention ville-association quand on leur propose des subventions. »