« La course à pied, c’est un vrai phénomène de société. Au début des années 2000, il y avait deux millions de coureurs. Aujourd’hui, en France, on est près de 15 millions, en comptant à la fois les licenciés et les coureurs du dimanche ». Cette recrudescence du nombre de coureurs est notamment ce qui a conduit Frédéric Suquet, un passionné de la discipline et licencié dans un club à Cergy depuis une dizaine d’années, à se reconvertir professionnellement l’année dernière en passant de cadre à la SNCF, en charge de la communication, à gérant d’une boutique de la franchise Rrun à Conflans-Sainte-Honorine. Selon lui, la course à pied permet, non seulement d’améliorer sa condition physique d’un point de vue cardiovasculaire, mais aussi de ­« s’aérer l’esprit ».

« Quand on court, on se sent bien, déclare-t-il. On sécrète un certain nombre d’hormones dont la fameuse hormone du bonheur, l’endorphine, qui crée un vrai plaisir. Je pense donc que lorsque les gens arrivent à se mettre [à la course à pied], ils y trouvent vraiment du ­plaisir et un vrai ­engouement. »

Ces propos sont confirmés par un vendeur, d’une grande enseigne sportive en vallée de Seine, en charge du rayon dédié à ce sport. Selon lui, la sensation de bien-être procurée par ce sport, est même l’un des principaux arguments ayant conduit de nombreuses personnes à s’adonner à la course à pied, durant le premier confinement. « À la sortie du confinement, plusieurs personnes sont venues me voir pour me poser des questions sur nos produits dédiés à la course à pied, explique-t-il. La plupart d’entre elles m’ont dit qu’elles avaient commencé pendant le confinement et qu’elles s’étaient senties tellement bien après leurs courses, qu’elles souhaitent désormais régulièrement continuer. En plus, cela leur permettait de se maintenir en forme et ne pas prendre trop de poids ».

Alors que pendant le confinement les magasins jugés « non-essentiels » par le gouvernement, avaient fermé leurs portes et que les salles de sport n’ont toujours pas rouvert, Frédéric Suquet est, quant à lui, persuadé que les personnes souhaitant faire du sport, ont tendance à se tourner plus aisément vers la course à pied, en raison de sa facilité d’accès. « Il suffit d’avoir une paire de chaussures, un short et on va courir n’importe où, souligne-t-il. Il n’y a pas besoin de structures. »

Pour preuve, en septembre dernier, le contexte sanitaire permettait à Frédéric Suquet d’organiser des courses à pied chaque lundi dans les rues de Conflans-Sainte-Honorine avec les personnes qui le souhaitent. Le 14 septembre, une dizaine de personnes s’étaient donc élancées sur les quais de Seine situés en Ville. Interrogés avant leur départ, plusieurs d’entre eux ont avoué qu’ils appréciaient la course à pied en raison de son absence de contraintes sur leurs emplois du temps respectifs. « On court quand on veut et où on veut » déclarait l’une d’elles.

Malgré tout, Frédéric Suquet préfère prévenir les amateurs sur le fait que la course à pied est un sport dans lequel il faut de la persévérance pour espérer progresser. « C’est, quelque part, un sport ingrat parce que lorsqu’on veut progresser, il faut beaucoup s’entraîner, affirme-t-il. Quand on s’entraîne moins, pour des raisons X ou Y, le niveau retombe tout de suite et pour retrouver un certain niveau, il faut de nouveau beaucoup s’entraîner. »