Privées de cérémonies durant plusieurs semaines, les paroisses de vallée de Seine, elles aussi, ont été amenées à se réinventer en ces temps de crise sanitaire. À l’heure de la distanciation sociale, des paniers de quête connectés, circulent désormais dans les allées des églises mantaises. À Verneuil-sur-Seine, des vidéos publiées par le prêtre sur les réseaux sociaux, rythment les périodes de ­confinement.

« C’est notre première semaine de confinement qui s’achève, j’ai pour ma part l’impression que ça dure depuis longtemps », lorsqu’il prononce ces mots, le 21 mars 2020, le père Amaury, curé de la paroisse de Verneuil-Vernouillet, n’imagine pas encore ce qui s’annonce. Dans cette vidéo publiée sur YouTube, le prêtre aiguille les fidèles sur la poursuite de la vie religieuse malgré l’interdiction de se rassembler et donc, par ­extension, sans messes.

En un peu moins d’un an, le père Amaury aura finalement tourné plus de soixante vidéos de ce genre. « L’idée c’était de maintenir un lien vivant : donner des informations, offrir un espace d’échanges avec les commentaires », résume le prêtre de cette expérience ­numérique « très bénéfique ».

Pour cela, chaque semaine, la paroisse de Verneuil-Vernouillet envoyait numériquement un psaume, des textes de chants ainsi qu’un commentaire de l’évangile prononcé par le curé. « On a une bonne moitié de nos paroissiens qui suivait ça et les retours étaient très bons », se réjouit le père Amaury en indiquant que ces derniers sont revenus nombreux aux messes dès le déconfinement.

À la collégiale de Mantes-la-Jolie, le dimanche 17 janvier dernier lors du pèlerinage d’adieu à Mgr Éric Aumonier, l’un des paniers de quête, qui circule dans les rangées, est pour le moins atypique. Dans le réceptacle en osier censé accueillir les dons des fidèles, se trouve un smartphone qui permet d’effectuer un don en sans contact. Un outil adopté par la paroisse depuis le mois le juin.

« L’objectif de ce dispositif, c’est de s’adapter aux nouvelles habitudes de paiement car de moins en moins de monde se déplace avec de l’espèce sur soi, explique Élodie Henry en charge des ressources de la paroisse. On avait prévu de mettre ce panier en place avant le confinement, [mais] en cette période particulière ça permet également de ­réduire les manipulations ­d’espèces. »

Ces paniers connectés, prêtés à la paroisse par le diocèse de Paris, proposent quatre montants de 2 à 20 euros aux donateurs qui peuvent choisir en toute discrétion. Et selon Élodie Henry, la formule séduit aussi bien les plus jeunes que les plus âgés. La paroisse note même une augmentation de ses ressources. « Aujourd’hui, le don moyen est passé de 2 à 5 euros, se réjouit Élodie Henry. Pour les gens c’est sans doute plus compliqué [psychologiquement] de donner un billet que cliquer sur un bouton ». Face à ce succès, une borne connectée a également été installée dans la ciergerie de la collégiale.