Le 19 janvier dernier, lors du conseil municipal, la municipalité mantevilloise a présenté neuf projets, en lien avec les équipements scolaires, les équipements sportifs, ou encore les restructurations de trois centres de vie sociale, dont les chantiers vont démarrer dans les prochains mois et être mis en œuvre entre 2023 et 2024. Pour ce faire, un contrat départemental Yvelines + d’un montant de 11,7 millions d’euros, a été voté puis approuvé par les deux parties, le Département l’ayant présenté le 5 février dernier. L’opposition a, elle, regretté que les projets présentés dans ce contrat définitif ne soient pas plus détaillés sur les aspects techniques.

Ces neuf projets représentent ainsi la totalité des investissements du « plan de sauvetage exceptionnel » de 16,8 millions d’euros voté le 4 novembre dernier par le conseil municipal mantevillois et qui visait à les financer « à hauteur de 70 % » par des subventions, expliquait alors l’adjoint aux finances Ari Benhacoun, présentant une situation financière de la commune très dégradée, du fait de la gestion financière lors du mandat ­précédent.

Une situation qu’a rappelée le maire Sami Damergy (SE), au soir du 19 janvier. « Les premières analyses de l’audit ont montré une situation financière préoccupante, insiste-t-il. Sans partenaires, sans financements, la Ville ne peut pas tenir après 2024. » Lors de l’assemblée départementale du 5 février, le président du Département, Pierre Bédier (LR), s’est lui félicité de « reprendre un cours normal » des relations « en tant que partenaire privilégié des communes, en particulier des ­communes en ­difficulté ».

Devant le conseiller d’opposition et ancien maire, Cyril Nauth (RN), qui s’interroge sur la nature du document présenté, et des études financières réalisées, Ari Benahcoun s’agace : « Il s’agit pour nous de présenter un document final dans lequel il y un engagement contractuel et réciproque. » Concernant la constitution des dossiers, il détaille en prenant pour exemple le déploiement de « l’école numérique », visant à « déployer une gamme complète d’outils numériques à l’attention des enseignants, des élèves et de leurs parents » pour un montant de deux millions d’euros, détaille le contrat Yvelines +.

« Comment on a construit ce dossier ? On connaît la nature des équipements, on a fait un diagnostic sur la nature des réseaux à booster, on sait les outils qu’on doit mettre en œuvre, on a discuté avec le Dasen, on a discuté avec un opérateur et on sait que l’ensemble de ces équipements, de ces travaux, de ces formations, de cet accompagnement, représente à peu près deux millions d’euros HT », précise l’adjoint. Quant aux sommes demandées, l’élu loue une flexibilité entre elles : «  Supposons que pour des raisons X ou Y nous ne dépensons pas la totalité, ce n’est pas très grave. […] C’est un droit de tirage qui est proposé, et si jamais demain nous prend l’idée de modifier et globaliser deux opérations et de faire passer une opération sur une autre […], on pourra le modifier. »

« Vous êtes en train de nous expliquer que vous avez demandé une somme de 11 millions d’euros au Département mais que vous ne savez pas précisément ce que vous allez en faire », raille Cyril Nauth. Lui prend un autre exemple pour dénoncer un manque d’aboutissement dans ces projets, celui de la restructuration de l’école des Alliers de Chavannes. « Vous dites que vous allez supprimer les classes modulaires en préfabriqué, […] vous dites aussi que vous allez faire fabriquer un bâtiment pour la restauration scolaire […], ainsi qu’un accueil périscolaire, fait-il remarquer. […] On ne m’a pas répondu on m’a dit vaguement peut-être le parking des Soupirs pourrait ­servir lors d’un aménagement. […] J’ai répondu à cela que GPSEO envisage de réaliser un hub sur le ­parking des Soupirs. »

Face à ces reproches, l’élu en charge du scolaire Sadek Serrakh, également adjoint lors du mandat 2008-2014 s’indigne : « Le terrain synthétique qui doit se construire au Moulin des Rades, les fonds sont connus, il y avait 400 000 euros qui étaient posés sur la table, le projet était d’un montant d’1,4 million d’euros […] Nous avions les fonds. […] Je trouve un peu désobligeant que vous n’ayez pas eu la force d’aller au bout de ce projet et que vous n’avez pas eu la capacité d’aller chercher les fonds alors que le ­dossier était ficelé. »