Devant le tribunal correctionnel de Versailles, ce jeudi 25 février, l’un des policiers, attaqué deux jours plus tôt à Carrières-sous-Poissy, est formel : l’un des deux suspects présents dans le box des accusés est celui qui a jeté une pierre sur le pare-brise de la voiture de patrouille. Âgés de 18 ans, les deux prévenus, originaires de la commune, ont été partiellement privés de liberté par le tribunal, qui a ordonné leur maintien à domicile sous surveillance électronique pour une durée de quatre mois, contre les trois initialement demandés par le ­ministère public.

Il est environ 20 h 30, le mardi 23 février, lorsque le conducteur d’une patrouille de police, qui s’est constitué partie civile, s’engage dans la rue des Frères Tissier pour rejoindre ses collègues de la Brigade anti-criminalité en mission plus loin. « Soudain, plusieurs individus, dissimulés dans la pénombre, surgissent et attaquent la patrouille de police à coups de pierres », rapporte le juge du compte-rendu établi par les forces de l’ordre. Les photos du véhicule de police, présentées pendant l’audience, montrent la violence des chocs : elles relèvent plusieurs impacts sur la carrosserie, quant au pare-brise, ce ­dernier est complètement étoilé.

« Je ne m’en sors pas trop mal, heureusement que j’ai l’habitude de ce genre d’attaque et que je portais mes lunettes de protection, parce que j’aurais pu recevoir des éclats du pare-brise dans les yeux », souffle le fonctionnaire lorsqu’il est appelé à la barre par le juge. « Ces personnes-là voulaient casser du flic ! », tonne pour sa part son avocate en déplorant une banalisation de la violence contre les forces de l’ordre.

Après l’attaque, le groupe s’est rapidement dispersé, mais deux jeunes sont tout de même interpellés par les policiers. Un point surprend néanmoins le juge, lors de leur jugement en comparution immédiate. « Pas de mentions aux casiers [judiciaires], c’est plutôt rare dans ce genre d’affaire », ponctue-t-il avant de se tourner vers les deux jeunes hommes, majeurs depuis quelques mois.

« Vous êtes en guerre avec la police ?, demande-t-il au premier, clairement identifié par la partie civile grâce à sa doudoune blanche qu’il porte encore dans le box des ­accusés. « Non pas du tout, lui répond le jeune homme en s’excusant pour son geste. J’ai agi sous la pression des grands de mon quartier, j’ai eu peur… » Concernant le second, encore au lycée, son implication était moins établie dans le rapport de police. Si il avait d’abord nié les faits lors de sa garde à vue, le jeune homme s’est finalement ravisé timidement devant le ­tribunal en avouant à demi-mot.

Les artifices récréatifs interdits après les épisodes de violences

Tristes successeurs des pierres et pavés lors des violences urbaines, les artifices sont désormais interdits aux particuliers dans les Yvelines, par arrêté préfectoral. Une décision prise vendredi 26 février qui fait suite aux nombreuses attaques contre des fonctionnaires de police, perpétrées ces dernières semaines dans le département.

« Le préfet a décidé de mettre en place des mesures visant à interdire la cession, l’utilisation et le transport d’artifices de divertissement par des particuliers, indique la préfecture par voie de communiqué de presse. Afin de prévenir l’utilisation de ces armes par destination, les contrôles de sécurisation seront accentués dans les quartiers sensibles, notamment par des visites de parties communes dans les ­immeubles. »