En septembre dernier, le Département avait annoncé, lors d’une conférence de presse, que 15 collèges yvelinois allaient être reconstruits entre 2023 et 2026, sans en dévoiler la liste. Chose qu’il a faite ce mercredi 3 mars à Buc. En vallée de Seine, trois collèges vont être reconstruits : Jean Zay à Verneuil-sur-Seine, Arthur Rimbaud à Aubergenville et Benjamin Franklin à Epône (voir encadré). À Poissy, un nouveau collège a été confirmé dans le secteur du nouveau quartier Rouget de Lisle. Aux Mureaux, des réflexions sont en cours dans le cadre de la rénovation urbaine.

Sur cinq ans, ce seront ainsi 525 millions d’euros qui seront investis au total pour la reconstruction ou la construction de ces 15 établissements. Une volonté qui fait suite à la réalisation du premier bilan carbone du Département au début de l’année 2020 et qui avait démontré que l’énergie des collèges était la deuxième source des émissions de gaz à effet de serre. Neuf programmes, avaient alors été stoppés pour pouvoir prendre en compte de nouvelles exigences environnementales, notamment l’utilisation de matériaux biosourcés.

« C’est un grand plan qui se résume en quelques chiffres mais qui surtout aura la volonté de remplacer le béton par du biosourcé, lance le président du Département, Pierre Bédier (LR), ce mercredi 3 mars. […] Ces nouveaux collèges auront la caractéristique d’être construits de façon exclusivement bio-sourcée, donc c’est plutôt a priori du bois, ça peut être aussi de la brique, c’est tout sauf le béton en d’autres termes ou alors il faut du béton recyclé. »

Quant aux objectifs poursuivis par le Département, « l’idée est d’abaisser de 40 % notre émission carbone sur nos collèges […]. C’est un vrai ­tournant qui est pris par le département des Yvelines, qui veut radicalement changer sa politique bâtimentaire », poursuit Pierre Bédier, qui compte également lancer un « vaste programme » concernant l’amélioration de l’isolation thermique des bâtiments départementaux.

« La décision qui a été prise à un moment donné, d’arrêter les programmes des neuf collèges, n’est pas facile à prendre, pourquoi ? Parce qu’il y avait beaucoup d’attentes, des choses avaient déjà été lancées, des communications avaient été faites et parce que nous étions allés sur le terrain voir les élus, les conseils d’administration et que chacun attendait que nous passions à l’acte », abonde le vice-président aux mobilités et au patrimoine, Jean-François Raynal (LR). Il poursuit : « Nous sommes propriétaires d’un ­million de m², certains sont très anciens. Aujourd’hui nous avons des bâtiments qui sont très énergivores, il a été décidé, suite à un plan qui a été mené, de pouvoir transformer un certain nombre de ces bâtiments pour pouvoir répondre aux contraintes. »

A la contrainte d’utiliser des matériaux respectueux de l’environnement, s’est également ajoutée la contrainte de repenser l’aménagement intérieur et la pédagogie. « Aujourd’hui, un bâtiment ne doit pas être conçu avec les référentiels des années 1980, souligne Jean-François Raynal. Aujourd’hui, la pédagogie, les outils mis à la disposition des enseignants, sont différents et on doit organiser l’espace différemment, on doit faire des bâtiments compacts, des bâtiments faciles à gérer, d’abord au niveau de l’entretien mais aussi pour la gestion quotidienne, dans l’utilisation, dans la circulation, dans les surveillances des élèves. »

Quant aux objectifs poursuivis par le Département, « l’idée est d’abaisser de 40 % notre émission carbone sur nos collèges […]. C’est un vrai tournant qui est pris par le département des Yvelines, qui veut radicalement changer sa politique bâtimentaire », poursuit Pierre Bédier (LR), président du Département.

Parmi les collèges existants et pris en exemple, Cécile Dumoulin (LR), vice-présidente chargée des collèges, cite notamment les collèges Auguste Renoir à Chatou et Fernand de Magellan à Chanteloup-les-Vignes : « On a énormément travaillé sur des bâtiments qui sont resserrés, […] avec des circulations faciles, des endroits où on a plaisir à être, avec des espaces pour les parents, il faut aussi penser aux parents et puis des CDI, des centres de documentation et d’information modernes. »

Le président du Département ajoute un autre collège, celui qui sera inauguré en septembre prochain dans le quartier du Val Fourré à Mantes-la-Jolie : « C’est aussi un programme qui est dans l’ADN du Département des Yvelines puisqu’il mêle les soucis de cohésion sociale et de cohésion territoriale. Dans les 15 villes choisies, un certain nombre de ces villes […], sont en QPV et nous avons choisi d’investir prioritairement dans ces secteurs. […] Toutes ces questions de politique de la ville qui sont des questions complexes ne peuvent être réglées que par un déterminant commun qui est celui de l’éducation. »

Un argument qu’approuve Luc Pham, directeur académique des services de l’éducation nationale des Yvelines. « Ils constitueront des lieux phares dans les communes où ils sont implantés, constituant parfois des atouts d’aménagements du territoire, d’attractivité, de rénovation urbaine et contribuant à renforcer l’attractivité de ce département qui est déjà extrêmement forte, détaille-t-il. […] Ce sont des lieux de renforcement de l’égalité des chances et de renforcement de pôles d’excellence dans notre département. […] Ça me paraît intéressant pour qu’il y ait une appropriation de ces établissements par le quartier, qu’ils soient perçus comme une maison commune. »

Le premier collège a être concerné par ces travaux sera le collège Jean Zay, construit en 1970 à Verneuil-sur-Seine. D’un montant de 40 millions d’euros, le chantier devrait permettre une diminution des consommations d’énergies entre « 50 et 60 % », indique le Département. Ces travaux, qui démarreront en 2023, lui permettront également de passer d’une capacité de 700 à 800 élèves et il devrait être mis en service à l’horizon 2025.

Le premier collège a être concerné par ces travaux sera le collège Jean Zay, construit en 1970 à Verneuil-sur-Seine. D’un montant de 40 millions d’euros, le chantier devrait permettre une diminution des consommations d’énergies entre « 50 et 60 % », indique le Département.

« Nous étions en attente, parce que […] les années collèges à mon sens sont des années qui n’ont pas été suffisamment prises en compte, tant sur les programmes, mais aussi on le voit sur les infrastructures », souligne pour sa part le maire aubergenvillois, Gilles Lécole (LR), à propos du collège Arthur Rimbaud. Trente millions d’euros seront consacrés à la restructuration du bâtiment qui date de 1972 et dont « le fonctionnement général de l’établissement sera entièrement organisé autour du hall », détaille le programme fonctionnel type établi en 2018 par le Département. En revanche, sa capacité passera, elle, de 900 élèves actuellement à 700 élèves à l’horizon 2026. « Aujourd’hui on est à moins de 600 élèves et les projections dans les années à venir, on ne va pas atteindre plus de de 700, justifie Cécile Dumoulin. […] On essaie d’adapter la taille du collège. »

À Poissy, le nouveau collège, d’une capacité de 600 places, devrait être construit également à l’horizon 2026 pour 30 millions d’euros, vraisemblablement dans le quartier Rouget de Lisle. « On a déjà eu une première réunion avec le Département pour l’ensemble du collège parce qu’effectivement […] nous avons trois collèges actuellement à Poissy, mais un seul dans le centre-ville, ce qui fait qu’il est très très chargé en termes de population et donc on va en mettre un vers Rouget de Lisle Saint-Exupéry, de façon à éclater les enfants du centre-ville sur ces deux collèges », détaille Vanessa Hubert, adjointe pisciacaise à ­l’éducation.

À Epône, la reconstruction de Benjamin Franklin prévue pour 2026

« C’est l’Illiade et l’Odyssée », ironise le président du Département, Pierre Bédier, à propos des difficultés pour reconstruire le collège Benjamin Franklin, prévu à l’horizon 2026 et passant d’une capacité de 600 à 900 places. Devenu trop petit pour accueillir l’arrivée de nouveaux élèves, il a été décidé, en janvier dernier, d’orienter les enfants en CM2 à l’école Louis Pasteur vers le collège Arthur Rimbaud d’Aubergenville, une ­décision que les parents contestent très fortement.

« Il y a deux hypothèses, on est en train de regarder celle qui peut permettre d’aller le plus vite possible, puisqu’on est bien conscients que nous avons modifié la carte scolaire, nous allons la voter au prochain conseil départemental, explique Pierre Bédier de la situation. […] On ne maîtrise pas tout, en particulier le contrôle des naissances, […] mais si on a beaucoup d’enfants à un moment donné il faut pousser les murs. […] Une fois le site choisi, on reviendra vers les parents et nous reviendrons ensuite éventuellement sur la question de la carte scolaire mais j’insiste sur le éventuellement, car personne ne peut dire si dans trois, quatre, cinq ans ce que sera la démographie à Epône. »

Des emplacements possibles, le maire épônois, Guy Muller (LR), en avait donné un aperçu lors du conseil municipal du 11 février dernier. « Ça n’a pas été arbitré encore aujourd’hui. Il y a le site de la gare, il y a un site sur la route de Nézel, il y a un site à côté de l’ancien collège », détaille-t-il. Le conseiller d’opposition, Stéphane Truffaut, avait alors réagi sur la dernière hypothèse : « Si c’est collé au terrain de l’ancien collège vous avez le Trapil (pipeline de transport d’hydrocarbures, Ndlr) et la canalisation de transport de gaz […]. Vous avez une zone létale tout autour qui est de 15 à 30 mètres, suivant le nombre de personnes que vous voulez retenir, et vous avez une canalisation de transport de gaz qui suit la route et qui va à La Falaise. Là aussi vous avez autour une zone létale sur laquelle vous ne pouvez pas construire. »

Lors de ce même conseil, Emmanuel Bolle, également conseiller d’opposition, avait regretté, lui, une décision tardive pour reconstruire ce collège : « Vous vous êtes planté sur le dossier parce que le collège c’est maintenant qu’il le fallait. […] Il y a un tel décalage entre la communication et la réalité de l’action qu’un moment ça ne marche plus, les gens ne vont pas être dupes longtemps, faites attention. »

« Le problème du sur-effectif de la Ville d’Epône, il date des années 90 […], il y a déjà eu une désectorisation qui a été faite dans les années 1990, ensuite il y a eu une stabilité et dès 1990 on envisageait de créer un nouveau collège, rétorque Guy Muller. Ce qu’il faut savoir c’est que la création d’un nouveau collège, vous n’en n’aviez pas parlé quand vous étiez en responsabilité à la mairie. […] Un investissement comme celui qui est fait sur un nouveau collège là encore ne faites pas semblant de ne pas savoir comment ça se passe au niveau administratif : c’est un investissement qui va être de plus de 20 millions d’euros, ça ne se discute pas sur un coin de table. »