« Monument remarquable » pour l’un, « propriété dont la subjectivité au patrimoine historique est toute relative » pour l’autre. La rénovation de l’Orangerie du château d’Hanneucourt ne fait pas l’unanimité du conseil municipal depuis son achat par la Ville en 2015 pour un coût de 121 000 euros.

Le maire de l’époque et actuel conseiller municipal d’opposition, Jean Lemaire (UDI), souhaite qu’elle soit rénovée pour un montant estimé à 2 491 250 euros TTC, subventionnable à 80 % par la Région, le Département et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). Son successeur et ancien élu d’opposition, Yann Perron (SE), n’en fait pas une priorité.

« On peut être d’accord sur la forme mais sur le fond, investir autant d’argent ce n’est pas possible étant donné par ailleurs les besoins qu’il y a sur toutes les infrastructures administratives et sur les écoles, tranche Yann Perron. L’école Molière a les fenêtres d’origine des années 1970, des fuites du toit qui ont complètement dégradé les plafonds du rez-de-chaussée. »

L’édile gargenvillois dit avoir « honte » d’y accueillir des enfants. Il rappelle également que l’estimation de la rénovation de l’Orangerie, à la charge de la Ville, avoisine les 500 000 euros et que la capacité d’auto-financement de la Ville n’est que de « 50 000 euros par an ».

« Ces 500 000 euros sont subventionnables par le mécénat, par la Fondation du patrimoine », rétorque Jean Lemaire en expliquant que cette dernière était prête à débourser « 100 000 euros » tout comme le groupe Axa à hauteur de 90 000 euros. « Cela faisait grosso modo 200 000 euros [à la charge de la Ville], poursuit-il en y ajoutant d’autres dons expliquant qu’il comptait aussi sur ceux des particuliers et des petites entreprises pour faire de l’Orangerie un lieu d’exposition et de concert. Petit à petit, on arrivait à combler ces 200 000 euros. »

Or, l’Orangerie est située dans une copropriété privée attenante au château d’Hanneucourt. En faire un lieu de rassemblement est donc soumis à l’approbation de la vingtaine de copropriétaires. Tandis que Jean Lemaire affirme que l’idée ne semble pas « les gêner plus que cela », Yann Perron est convaincu du contraire : « Si on leur emmène tous les week-ends [du monde], les allers-retours des voitures, la musique jusqu’à pas d’heure, les gens vont devenir dingos. »

Pour Jean Lemaire, les nuisances seraient limitées car le lieu n’accueillerait que des expositions et quelques concerts de « musique classique ». « Un concert ça dure deux heures. Vous commencez à 20 h 30, à 22 h 30 c’est fini », précise-t-il.12