S’ils pensaient profiter du couvre-feu et de ses routes désertées pour rentrer plus vite mettre leur drogue à l’abri, leur plan a échoué. Jeudi 11 mars, deux hommes, âgés de 22 et 25 ans, ont été condamnés par le tribunal judiciaire de Versailles, à 18 mois de prison dont un ferme pour « acquisition de produits stupéfiants ». Ils avaient été arrêtés par la police des Mureaux dans la nuit du 8 mars, avec plus d’un kilo de cannabis dans leur voiture.

Cette nuit-là, malgré ce qu’ils espéraient sans doute, ils ne sont pas passés sous le radar de la brigade anticriminalité (BAC). En patrouille à hauteur du pont de Meulan, les fonctionnaires de police sont interpellés par la présence d’un Renault Scénic « roulant à vive allure » avec quatre personnes à son bord.

Respect du couvre-feu oblige, les policiers de la BAC décident de les contrôler. Mais en voyant les gyrophares s’approcher, le conducteur de la voiture accélère et s’engouffre dans un parking pour se cacher. Si deux des occupants parviennent à prendre la fuite à pied, le conducteur et son passager sont eux interpellés par la police, qui comprend très vite les raisons de cette tentative de fuite.

« On a découvert, au pied du conducteur, un paquet couvert de scotch contenant un kilo de résine de cannabis », indique une source policière. Pourtant, et alors que tout les accable, lorsqu’ils sont entendus lors de leur garde à vue, les deux jeunes hommes, originaires de Villejuif (Val-de-Marne) pour le conducteur et des Mureaux pour l’autre, nient leur implication dans un trafic de drogue, et accusent plutôt les deux fuyards. « Le conducteur a expliqué ne pas les connaître, les avoir pris dans le véhicule afin de les déposer dans un quartier des Mureaux, rapporte une source proche du dossier. Il a indiqué avoir été menacé et contraint de se soustraire au contrôle de police. »

La poursuite des investigations va pourtant mettre à mal la version du jeune homme. En utilisant la géolocalisation du monospace, les policiers découvrent que les suspects revenaient d’un passage à Sevran (Seine-Saint-Denis) où ils se seraient approvisionnés en cannabis. « L’exploitation de leurs messages ne laisse aucun doute quant à la nature d’un trafic de stupéfiants », précise cette même source.