« Est-ce que le moral est bon ? », demande Emmanuel Macron ce mercredi 17 mars à une dizaine de soignants du centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain, devant les caméras de l’AFP. « On est inquiets quand même, enfin ces derniers jours en tout cas, les malades continuent d’arriver, ils sont un peu plus jeunes, ils sont graves… », lui rapporte l’un des soignants, alors que se profilaient de nouvelles mesures de restrictions pour 16 départements, dont les Yvelines, confirmées par la conférence de presse du premier ministre Jean Castex du lendemain. Ces nouvelles mesures, en vigueur dès le vendredi 19 mars minuit, dureront a minima quatre semaines, Jean Castex ayant précisé qu’elles étaient « reconductibles ».

Selon Santé publique France, le Département est pourtant le moins touché des huit départements franciliens. Mais les chiffres se dégradent vite s’inquiète Marion Cinalli, directrice départementale de l’Agence régionale de santé, ce vendredi 19 mars : « Pour la Région, on est à 474 cas pour 100 000 habitants en terme de taux d’incidence, et à 10,8 % de taux de positivité. Pour les Yvelines, on est a 369 cas pour 100 000 habitants en taux d’incidence et 10,1 % en taux de ­positivité. »

« Au niveau de l’hôpital, ce qui est ressorti […] c’est surtout éviter le confinement parce qu’il y a une détresse sociale psychologique et psychiatrique qui est très importante et une détresse intra-familiale, rapporte le maire DVD Karl Olive, de la visioconférence avec une dizaine d’élus locaux. Les demandes de maires [portaient sur] permettre aux gens de continuer à s’oxygéner, à faire du sport et notamment des activités de grand air. »

S’il est désormais possible de sortir de chez soi en présentant un justificatif de domicile dans un rayon de 10 km, au-delà, les attestations sont de nouveau de mise. Les déplacements interrégionaux sont interdits, sauf motifs impérieux ou professionnels. La dizaine d’élus locaux consultée avait également plaidé pour un avancement du couvre-feu à 19 h, compte-tenu du passage à l’heure d’été prévu le 27 mars. Un souhait qu’a avalisé l’exécutif. Côté scolaire, les écoles maternelles et élémentaires, ainsi que les collèges restent ouverts, ­tandis que tous les lycées basculent en demi-jauge et que les universités poursuivent sur le rythme ­actuellement en vigueur.

Les élus regrettent cependant la fermeture des commerces jugés non-essentiels. « Je n’aurais pas fermé les commerces non-essentiels parce qu’il y a parfois [là où il y a du] monde qui attend devant la boulangerie, il y en a moins devant l’institut de beauté où par exemple dans un magasin de vêtements », poursuit Karl Olive.