Quinze millions d’euros répartis sur trois ans. C’est le montant du Département pour aider le château de Versailles qui, en raison du Covid-19, a fermé l’an dernier pendant « 189 jours ». De ce fait, le nombre de visiteurs est passé de 8,2 millions en 2019 à deux millions en 2020, soit un manque à gagner de 70 millions d’euros.

Alors qu’il n’a toujours pas rouvert, la présidente de l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, Catherine Pégard, estime que les mesures de restauration doivent néanmoins se poursuivre. Elles concernent notamment les quatre groupes sculptés des premières et des deuxièmes cent marches au niveau de l’Orangerie. Leur restauration aura lieu au collège André Chénier, situé dans le quartier du Val Fourré, quand il aura fermé ses portes à la rentrée 2021.

« On n’a pas choisi Mantes par hasard et notamment le Val Fourré […]. C’est cette idée de permettre l’ouverture du château à tous les publics [qui nous a conduit à le faire] », déclare le président du Département, Pierre Bédier (LR), lors d’une conférence de presse le 23 mars, détaillant l’ensemble des mesures pour venir en aide au château de Versailles. Bien que le choix du quartier ne semble faire aucun doute, il confie néanmoins que le lieu, qui accueillera la rénovation des statues, n’est pas ­celui qu’il ­envisageait initialement.

« Le lieu, à l’origine, était une piscine qui a été fermée [dans ce quartier] », explique Pierre Bédier en précisant que le choix du collège André Chénier a finalement été privilégié car cela obligeait sinon à « beaucoup de travaux pour du provisoire ». La durée de restauration des quatre groupes sculptés à Mantes-la-Jolie est estimée à deux ans. Elle ne pouvait pas avoir lieu sur le site même de Versailles qui ne disposait pas d’un local approprié pour ces travaux, dont chacun des groupes sculptés pèse près de 30 tonnes. En attendant leur retour au château, les groupes sculptés seront remplacés par des répliques.

La restauration des groupes sculptés ne pouvait pas avoir lieu sur le site même de Versailles car il ne disposait pas d’un local approprié pour ces travaux. Chacun des blocs sculptés pèse près de 30 tonnes.

Quoi qu’il en soit, pendant ces deux ans de restauration et à partir de décembre 2021, une exposition attenante à l’atelier et ouverte à tous, notamment aux scolaires et aux bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance, sera organisée. Pour Catherine Pégard, elle permettra de venir « admirer le travail qui est fait sur ces statues et qui est un travail de longue haleine » et, par conséquent, de découvrir le métier de restaurateur d’œuvres d’art. « Ce travail de réalisation est un travail extrêmement fascinant, extrêmement riche », ajoute Pierre Bédier en espérant que l’exposition permettra « d’intéresser les gosses aux travaux manuels ».

Bien que la restauration des quatre groupes sculptés à Mantes-la-Jolie fasse partie des mesures de soutien du Département envers le château de Versailles, le coût de la création de l’exposition et de la restauration des quatre groupes sculptés à Mantes-la-Jolie n’a pas été communiqué. Selon Catherine Pégard, le montant de cette dernière ne sera réellement connu que lors d’estimations fines par des experts, au début des travaux. Les montants sont en revanche connus pour d’autres travaux de restauration du château de Versailles, compris dans les 15 millions d’euros alloués par le Département. C’est le cas des grilles et des décors des premières et des deuxièmes cent marches qui ne seront, en revanche, pas restaurées à Mantes-la-Jolie. Pour ces travaux, le Conseil départemental des Yvelines et celui des Hauts-de-Seine s’engagent à hauteur de trois millions d’euros chacun.

La grande écurie du roi sera également restaurée pour un coût de 5,6 millions d’euros dont une moitié est la charge du Département des Yvelines et l’autre moitié à la charge de celui des Hauts-de-Seine. Elle accueillera le futur campus de Versailles Patrimoine et Artisanat d’excellence, dont l’objectif est notamment de favoriser le savoir et la valorisation des métiers d’art. Le pilote du projet, montrant les différentes facettes du futur campus, est ­prévu à la rentrée 2021.

La restauration du domaine de Versailles passant également par les parcs et les jardins, le Département yvelinois s’engage, à hauteur de deux millions d’euros, à soutenir les opérations de replantation d’arbres dont beaucoup ont été déracinés au cours des tempêtes de 1990 et 1999. « C’est un chantier ininterrompu pour nous depuis 20 ans », déclare Catherine ­Pégard sur ce sujet.