Il y a un an, l’entreprise de fabrication de matelas Dunlopillo, en redressement judiciaire, était reprise par le groupe aveyronnais Finadorm. Ce mercredi 24 mars, son président Jean-Rémy Bergounhe présentait à la présidente de la Région, Valérie Pécresse (Libres!), son plan d’investissements de 2,5 millions d’euros pour l’usine limayenne, qui emploie actuellement 90 personnes. Un plan tourné notamment vers la commercialisation d’une marque entièrement digitale, pour laquelle il a reçu une aide ­régionale de 800 000 euros.

Dunlopillo ayant connu des années difficiles, le président de Finadorm se montre plutôt confiant. « On a attaqué le sujet en créant rapidement des gammes chez Dunlopillo pour monter en gamme, on a travaillé aussi les charges, et on a réussi à relancer, enfin on est en cours mais ça va être une réussite, assure-t-il. […] On s’appuie sur la marque et les compétences de gens qui ont envie de sortir de cette période. » Quatre emplois ont ainsi été créés en un an, dont celui d’un directeur digital, l’objectif est d’arriver à « 30 en trois ans », poursuit le président.

« On s’est interdits de faire une journée de grève, il fallait travailler la séduction, rappelle un représentant de la CGT du contexte de la reprise par Finadorm. […] Ce qu’on essaie de faire c’est aider Jean-Rémy Bergounhe à développer son activité et plus il développe son activité, plus il embauche du monde. » Le plan d’investissements de 2,5 millions d’euros prévoit notamment l’achat d’une ligne de fabrication complémentaire et d’une ligne d’assemblage de sommier, mais surtout le développement d’une gamme entière disponible à l’achat sur internet, baptisée Woozbed, pour un coût d’1,2 million d’euros.

« On s’appuie sur la marque et les compétences de gens qui ont envie de sortir de cette période », lance Jean-Rémy Bergounhe, président de Finadorm.

« On s’adresse à une clientèle qui est plutôt sensible à ce genre de marque, on n’a pas voulu que ce soit Dunlopillo pour ne pas déstabiliser nos clients, précise Jean-Rémy Bergounhe. Dans un premier temps on va la développer exclusivement sur le web et dans un second temps l’implanter en magasin, avoir des relais. »

Valérie Pécresse a, elle, évoqué une entreprise « iconique » de la vallée de Seine : « On a voulu mettre 800 000 euros parce que souvent les politiques mettent de petites aides et avec de petites aides on fait des petits projets et nous on voulait aider le projet à démarrer. […] Nous on est très heureux de cette histoire Dunlopillo qui se termine bien […]. La rencontre entre un entrepreneur militant du Made in France et des salariés qui avaient vraiment envie de sauver l’entreprise et les collectivités qui étaient derrière pour aider à la modernisation de l’outil, je pense que c’était le cocktail gagnant. »