Chargé de présenter la délibération lors du conseil communautaire du 25 mars, le vice-président, en charge des mobilités et maire de Rosny-sur-Seine, Pierre-Yves Dumoulin (LR), n’a pas caché son soulagement : « À l’heure des économies (voir notre édition du 31 mars) on a réinterrogé toutes nos politiques, et en particulier celle sur les mobilités […] et c’est important pour nous tous que le président ait su maintenir le budget qui avait été voté l’été dernier, de façon à pouvoir enfin développer des pistes cyclables et un réseau digne de ce nom sur le ­territoire. »

Un plan de 17 millions d’euros sur le mandat a été voté et comprend notamment la rénovation de 126 km de routes cyclables, pouvant comprendre également voies à 30 km/h ou partagées d’ici à 2023. Ces voies seront prioritairement choisies en fonction du parcours de la Seine à vélo (reliant Le Havre à Paris, Ndlr) et de leur usage par les lycéens et collégiens et de leur rapidité d’aménagement. À terme, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) ambitionne de ­développer 850 km de réseaux cyclables.

À l’heure actuelle, GPSEO compte 270 km de réseaux cyclables sur son périmètre, mais parmi ces 270 km, « seuls 83 km sont aujourd’hui en bon état […], 187 km sont donc à rénover sur les voies que nous avons aujourd’hui, il nous reste donc à ne créer plus que 580 km », expose de la situation Pierre-Yves Dumoulin.

Une première piste cyclable d’1,2 km devrait ainsi voir le jour à Rosny-sur-Seine cet été sur la RD 113. D’ici 2023, « six nouveaux itinéraires seront ensuite créés […] pour un total de neuf kilomètres », détaille GPSEO dans un communiqué de presse. Des études sont également en cours pour les secteurs de « Flins-sur-Seine, Aubergenville, Brueil-en-Vexin/Sailly, Jambville, Tessancourt-sur-Aubette et Conflans-Sainte-­Honorine ».

D’ici 2023, « six nouveaux itinéraires seront ensuite créés […] pour un total de neuf kilomètres », détaille GPSEO dans un communiqué de presse.

Cette enveloppe prévisionnelle de 17 millions d’euros est ­répartie entre «  plusieurs maîtres d’ouvrage », précise le vice-président, citant notamment le Département ou des aménageurs publics. Concernant la communauté urbaine « le linéaire sous maîtrise d’ouvrage […] GPSEO reste donc de 80 km (sur 126km, Ndlr) […] avec un reste à charge de sept millions d’euros », conclut Pierre-Yves Dumoulin.

« Dans certaines communes, les berges de la Seine se confondent avec le chemin de halage qui est une annexe du domaine public fluvial et donc il faut obligatoirement une autorisation de Voies navigables de France, fait remarquer le maire de Rolleboise (SE), Maurice Boudet […] Ils étaient strictement hostiles à tout passage sur les berges de la Seine pour des passages à bicyclette etc. » Pierre-Yves Dumoulin reconnaît que cette question fait partie des « points durs […] ce qui pourrait expliquer qu’on décale certaines pistes qu’on avait imaginé faire de façon plus précoce ». Le président de GPSEO et maire de Mantes-la-Jolie, Raphaël Cognet (LR), complète : « Il y a objectivement des endroits où on ne peut pas intervenir, sans faire de déclaration d’utilité publique, des ­expropriations etc. »

Conseiller d’opposition à Achères, Louis-Armand Virey demande à ce qu’une « sensibilisation à la pratique du vélo, notamment auprès des automobilistes » soit faite pour encourager la pratique du vélo au quotidien. « Il faut pousser les habitants à utiliser les mobilités douces mais il faut aussi rassurer les habitants sur cette pratique, leur montrer qu’ils ne courent aucun risque, déplore-t-il. […] Ce schéma directeur cyclable semble plus tourné vers une utilisation loisirs tourisme qu’une utilisation du vélo au quotidien. La promotion des mobilités douces étant inscrite dans le (plan climat] et permettrait de contribuer à la réalisation de nos objectifs, nous trouvons cela dommage que cela ne soit pas le cas. » En réponse, GPSEO indique vouloir créer « chaque année de 500 à 1 000 nouvelles places autour des grands équipements, ainsi que dans les quartiers commerçants et les zones d’activités » pour favoriser cette pratique, ce manque de places étant considéré comme « un frein ».