Fermeture des établissements scolaires ou non, la motivation des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) à faire grève le 8 avril, était loin d’être affaiblie. La veille, dans un local de la librairie La nouvelle réserve, une conférence de presse s’est tenue avec une dizaine d’AESH regroupés au sein d’un collectif d’une quinzaine de membres. Déplorant un manque d’effectifs, tous exigent l’abandon des Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial) généralisés à la rentrée 2020 et qui, selon eux, sont responsables de l’accompagnement de plusieurs enfants en situation de handicap par un même accompagnant.

Pourtant, d’après le site internet du ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, les Pial « favorisent la coordination des ressources au plus près des élèves en situation de handicap (les aides humaines, pédagogiques, éducatives et, à terme, thérapeutiques) pour une meilleure prise en compte de leurs besoins ».

« Le Pial a simplement pour objectif de recruter de moins en moins de personnes et de nous regrouper par rapport à des groupes d’élèves, ­c’est-à-dire que là, avant on était AESHi, AESH individualisé [où] on avait un élève avec sa pathologie », déclare l’une des grévistes. Cette aide désormais mutualisée semble néanmoins méconnue des parents d’élèves. « Les parents qui ont des enfants en situation de handicap ne savent pas forcément que l’AESH s’occupe de leur enfant mais [aussi] d’autres enfants en même temps », affirme Christelle, syndiquée chez Sud Education qui explique avoir à s’occuper de deux enfants.

« J’ai fait un courrier à ma référente en disant que j’accompagnais surtout [l’un] au détriment de l’autre, ajoute-t-elle. Elle m’a répondu qu’elle le savait mais qu’elle n’avait pas le choix. Les deux sont dans la même classe. Je suis à gauche et à droite […] et les parents pensent que je suis seule avec leur enfant. Ce n’est pas vrai […]. Je ne peux pas être au four et au moulin. »

Se disant parfois « fatigués » de leur travail, les grévistes réclament aussi une revalorisation de salaire. Il est de « 760 euros net » pour 24 heures travaillés. « Le maximum de présence dans une école primaire est de 24 heures, explique Fatima, syndiquée chez Sud Education. Beaucoup de personnes sont obligées de faire un double emploi. » Une autre gréviste lance : « Cela ne suffit pas pour vivre ! ». Tous demandent une augmentation du « taux horaire » et l’accès aux primes. « On n’a pas de primes informatiques, on n’a pas de primes Rep, pas de primes enfants difficiles », conclut-elle.