« Pour le moment, nous sommes contraints de fermer au public une partie de l’île en raison de la fragilité et de la dangerosité des berges », explique Laurent Beunier, maire adjoint délégué à l’urbanisme, de la décision de Ville de condamner au début du mois de mars, le ­chemin Trek’Île situé sur l’île Nancy.

Ici, les berges de Seine ont été fortement fragilisées par les crues de 2018 puis de janvier 2021, si bien que plusieurs effondrements de berges ont été constatés près de la passe à poissons, en aval du barrage, ainsi qu’à l’entrée du parc naturel sur le chemin qui donne vers le débarcadère de l’île Nancy. Si des études sont actuellement menées par les Voies navigables de France (VNF) sur certaines zones touchées, pour le moment, seules les berges situées à proximité des ouvrages de l’établissement public devraient bénéficier de travaux de renforcement. De quoi plonger la commune dans l’incertitude quant à une réouverture de son parc ­naturel.

En ce qui concerne les déstabilisations constatées l’an dernier par les élus andrésiens près de la passe à poissons, les études de VNF semble déjà en avoir éclairci quelque peu les causes. « Il y aurait déjà au départ, au niveau de la conception du système, un sous-dimensionnement au niveau de la mise en terre des palplanches, qui datent de 1957 (les lames enfoncées dans la Seine pour consolider l’ouvrage, Ndlr), explique Vianney Boeuf, chef de l’unité des boucles de la Seine chez VNF. Par ailleurs, ce serait peut-être combiné aux forces exercées par la circulation de l’eau entre les bras de Seine. »

Pour consolider les berges à la sortie de la passe à poissons, en face de l’écluse d’Andresy, VNF a déjà effectué un enrochement au moyen de deux barges. VNF espère lancer des travaux « de l’ordre de plusieurs millions d’euros » pour le début d’année 2022, afin d’enterrer plus profondément un second rideau de palplanches.

Plusieurs effondrements de berges ont été constatés près de la passe à poissons, en aval du barrage ainsi qu’à l’entrée du parc naturel.

« Sans travaux le risque, c’est d’avoir d’importants glissements de terrain sur les berges, souligne Vianney Boeuf. Si on attendait indéfiniment, c’est tout un morceau de l’île qui risquerait de glisser dans la Seine. » Selon Laurent Beunier la zone serait déjà descendue de « 65 centimètres ». Ce dernier reste néanmoins inquiet à l’idée que VNF n’engage pas de travaux sur les berges de Trek’Île.

« Les effondrements viennent de l’eau donc c’est VNF qui devrait être responsable financièrement de maintenir les berges, mais ils considèrent que les berges évoluent de façon naturelle et qu’ici la consolidation ne s’impose pas, rapporte l’élu andresien. On est plus spectateur parce qu’on a ni la maitrise opérationnelle ni la compétence technique, ni la gestion budget en plus pour une ville comme la nôtre, on parle de budgets qui sont bien au-delà de nos capacités de ­financement. »

De son côté, si Vianney Boeuf confirme le postulat de VNF « qu’il n’y a pas vraiment de sens à lutter contre les méandres que trace le fleuve (du moins lorsque les dégâts ne se situent pas à proximité de ses ouvrages, Ndlr) », le chef de l’unité des boucles de la Seine précise que dans le cas des éboulements situés à l’entrée de Trek’île « nous n’avons pas assez d’informations sur cela pour nous prononcer aujourd’hui, nous allons nous rapprocher de la Ville ».

Mise à jour du 03/05 : Une précédente version de cet article mentionnait, selon les propos de Laurent Beunier, que la zone touchée serait déjà descendue de « quasiment 65 millimètres », il s’agit d’une erreur, l’unité correcte étant « centimètres ». La rédaction présente ses excuses au principal intéressé ainsi qu’à ses lecteurs.