Ils n’ont ni kimono, ni ceinture et s’entraînent sur le terrain de football du stade Mazières à Carrières-sous-Poissy. À priori, rien ne laisse supposer que la quinzaine d’adhérents du cours adulte venus ­s’entraîner durant la matinée du 8 mai est licenciée au club de judo de l’ACIS. Alors qu’ils s’entraînent habituellement au dojo du gymnase Provence, sa fermeture, en raison du contexte sanitaire, a contraint les dirigeants à se réorganiser pour maintenir l’activité sportive. C’est pourquoi la Ville leur prête notamment le terrain du stade Mazières.

« On a été en extérieur, on a été entre le canapé et la table de télé en visio depuis le mois de mars de l’année dernière donc forcément c’est compliqué », résume l’un des deux professeurs du club, Nicolas Serandrei, des adaptations faites par le club de judo pour maintenir le lien avec les adhérents et les exercices. « On s’est réinventé comme tout le monde […], poursuit-il. On a fait construire aux enfants tout un système de mannequins à la maison avec des serviettes, des doudous, leur kimono et du coup, ils révisaient en visio. »

Cependant, qu’il s’agisse du cours des enfants ou celui des adultes, les entraînements situés en extérieur ne permettent pas de pratiquer des prises de judo aboutissant aux chutes. Outre le fait d’éviter les blessures, cette décision a aussi pour but de respecter le protocole sanitaire, en évitant de se toucher les uns les autres.

« Quand on est en extérieur, c’est forcément beaucoup de préparation physique adaptée […], explique Nicolas Serandrei. Là il y a un travail de cardio, un travail de coordination. On va avoir tout un travail de coordination parce que le judo passe par la saisie, donc forcément il faut être précis dans ce qu’on fait […]. On se rapproche des actions clés du judo via tout un programme de préparation physique adapté, mais sans se toucher. »

« Cela change, ça varie les exercices », se réjouit Eric, 34 ans et licencié au club depuis quatre ans, des activités proposées avant la réouverture des gymnases. Bien que la présidente actuelle de l’ACIS Judo, Juliette Bonnin, se réjouit d’avoir pu maintenir le lien avec les adhérents du club via de telles activités, elle regrette néanmoins que les licenciés, et notamment les enfants, ne puissent pas vraiment pratiquer le judo. « Finalement, les enfants ne font pas de judo », déplore-t-elle en précisant que sur les 190 licenciés actuels, seulement « 70 à 80 » sont des adultes et des adolescents.

Alors que Juliette Bonnin précise que le nombre de licenciés a diminué par rapport à l’année dernière, Nicolas Serandrei préfère minimiser cette baisse. « On n’a quasiment pas eu de pertes de licenciés, très peu », déclare-t-il.

La présidente du club et le professeur sont néanmoins inquiets pour le renouvellement des licences la saison prochaine. « C’est vrai que c’est quand même un investissement pour les parents de devoir payer une activité dont [les enfants] ne sont pas sûrs de pouvoir continuer », explique Juliette Bonnin qui affirme comprendre l’inquiétude des parents concernant la possibilité de nouvelles restrictions sanitaires la saison prochaine.

« Pour les baby judos, les plus jeunes, qui ne font pas de compétitions, elle est de 150 [euros]. C’est 190 euros pour les autres et on a un prix dégressif pour les fratries », détaille la présidente du montant de l’inscription. Pour éviter de perdre un nombre trop important de licenciés, elle compte également renouveler les avoirs instaurés l’année dernière pour permettre les réinscriptions à moindre coût.