Alors que la Ville va rebaptiser, le mercredi 16 juin prochain, sa médiathèque municipale du nom de Marie-Claire Tihon, La Gazette a rencontré celle qui fut enseignante et historienne de la commune. « C’est à ce titre que nous lui avons proposé et c’est avec humilité et honneur qu’elle a accepté que, dans un proche avenir, son nom soit donné à ce lieu de culture et de vie », expliquait de la démarche de la Ville, Olivier Lujic, l’adjoint à la culture, lors du conseil municipal du 23 mars dernier. L’ensemble des élus ont d’ailleurs voté en faveur de ce ­changement de nom.

Âgée de 97 ans, sœur Marie-Claire Tihon réside aujourd’hui à Paris dans un couvent de la congrégation Notre Dame, après avoir passé plus de 60 ans de sa vie à Verneuil-sur-Seine. Cette véritable amoureuse du château, aujourd’hui l’ensemble scolaire Notre-Dame Les Oiseaux, dans lequel elle a enseigné français, latin et grec, pendant près de 26 ans, ne cache pas son émotion, ni son étonnement, de voir son nom ­apposé sur l’équipement ­communal. « Ça m’a surprise et forcément beaucoup émue », murmure-t-elle même si après bientôt un siècle de vie, il lui est difficile de s’étendre dans les mots ou de plonger profondément dans sa mémoire. Avec l’autorisation de Marie-Claire Tihon, La Gazette rapportera ainsi cette entrevue en lui formulant des phrases qui correspondent précisément à ses ­acquiescements lors de nos ­questions.

« C’est l’envie de transmettre qui m’a toujours animée », assure-t-elle tandis que trône, sur une table près d’elle, les deux volumes de son ouvrage Verneuil-sur-Seine, une grande histoire, paru en décembre 1994 et décoré notamment par la médaille de bronze de l’Académie française. Dans les années 1980, l’ancienne enseignante fut également « la première à organiser des cours d’informatiques en [milieu] scolaire », souligne Olivier Lujic qui fût lui-même son élève.

Marie-Claire Tihon a été l’auteure de Verneuil-sur-Seine, une grande histoire, paru en deux volumes en décembre 1994 et décoré par la médaille de bronze de l’Académie française.

« Marie-Claire organisait souvent des visites et des expositions pour raconter l’histoire du château, je me souviens des bonbons au miel qu’elle distribuait à ces occasions », rappelle-t-il à la principale intéressée qui lui répond d’un sourire tremblant. C’est finalement en fin de carrière, après avoir été aussi la bibliothécaire du lycée vernolien que Marie-Claire Tihon se découvre une vocation tardive d’historienne. Dans les années 1980, elle s’attache à regrouper et restaurer les documents et photographies historiques qui racontent le passé de la commune.

« Ça représente la plus grande part des archives municipales », souligne d’ailleurs l’adjoint à la culture. Toujours dans cette idée de transmission, l’historienne crée en 1983 l’association Passé Présent « ayant pour but de rassembler, d’étudier et de faire connaître par tous les moyens de procurer une meilleure connaissance de l’histoire de la région et en particulier de Verneuil-sur-Seine », écrit-elle à l’époque dans ses statuts.

Dans le courrier qu’elle a adressé à la mairie en janvier dernier pour accepter de prêter son nom au bâtiment, la nonagénaire a d’ailleurs demandé à la Ville d’assurer la réimpression de son livre. En cela, grâce à ses années de travail, les Vernoliens pourront retracer l’histoire de leur commune à la future ­médiathèque Marie-Claire Tihon.

Trois autres espaces changent de nom

Lors du conseil municipal du 13 avril, les élus ont également acté plusieurs autres changements de nom pour certains équipements de la commune. Le Grand Colombier, dont Olivier Lujic estime qu’il est « souvent confondu avec le Petit Colombier », sera ainsi rebaptisé du nom de René Larue, l’ancien maire de la commune entre 1912 et 1915, mort au front lors de la Première Guerre mondiale.

Les appellations respectives de jardin Marcel Gotlib, ancien châtelain de la commune, pour le parc des Groux et de Michel Rocard, ancien député de la circonscription, pour la salle de la Garenne, ont, elles, été moins bien accueillies par l’opposition.

« À notre sens, le changement du nom des Groux et le remplacer par le nom de Marcel Gotlib, est en quelque sorte gommer une partie de l’histoire de la Ville, déplore Myriam Le Play du groupe Verneuil l’avenir ensemble. En ce qui concerne la salle La Garenne, si nous sommes en accord sur le fait qu’il faille la renommer pour que celle-ci soit bien identifiée, le nom de Michel Rocard ne nous paraît pas approprié de par la connotation politique de cette désignation. »

Soulignant que la Ville a lancé une étude pour faire du parc des Groux « un vrai jardin public », le maire LREM Fabien Aufrechter explique : « Le parc des Groux ce n’est pas une vraie dénomination [et cela pose problème] lorsqu’on travaille avec les paysagistes [et] les architectes. »