L’annonce faite lors du conseil municipal du mardi 18 mai a suscité quelques interrogations tant chez les élus de l’opposition, que chez certains des riverains concernés. À partir du 1er juillet prochain et jusqu’à la fin de l’année, la Ville expérimente le stationnement résidentiel payant dans un périmètre défini autour de la gare Vernouillet-Verneuil, pour un tarif de 120 euros par an pour le premier véhicule. Elle n’exclut pas, si l’essai est concluant, de l’étendre à d’autres secteurs dans les années à venir, dans le quartier du Maupas/­Chemin vert en ­particulier.

« Il ne s’agit pas de rendre payant le stationnement en soi, c’est-à-dire que le stationnement reste libre mais dans le cadre de la zone verte, précise l’adjoint à la sécurité, Michel Debjay. La zone verte sera par contre ramenée à deux heures (contre quatre actuellement, ndlr), cela autorise les résidents qui ont un parking privé ou un garage à la sortir lorsqu’ils vont faire une course qu’ils reviennent dans la journée […] ce sont deux heures gratuites moyennant le disque. »

Cet abonnement résidentiel, permet aux abonnés d’être « dispensés du disque […] moyennant leur abonnement au système de stationnement résidentiel », poursuit l’élu et donne la possibilité de « stationner de façon illimitée 7j/7 24h/24 dans leur quartier ». Une méthode que cette riveraine de la rue du Moulin à vent semble approuver : « J’ai deux places à l’intérieur de ma maison mais il faut que j’ouvre le portail, donc moi je trouve ça très, très bien, d’enfin pouvoir se garer dehors. »

Cependant, elle, comme les autres riverains interrogés par La Gazette se montrent plutôt réticents quant aux tarifs annoncés et auraient préféré la gratuité. « C’est n’importe quoi, souffle une habitante de la rue du Cochet. On a une, deux maisons qui n’ont pas de garage là donc évidemment quatre voitures en plus, sans garage. Ils mettent leur voiture où ? […] Il y a la gare et ils n’ont pas prévu de faire de parking et faire le nécessaire pour que les gens puissent se garer parce que les gens qui vont à la gare se garent dans la rue du Cochet, ­évidemment. »

« C’est n’importe quoi, souffle une habitante de la rue du Cochet. On a une, deux maisons qui n’ont pas de garage là donc évidemment quatre voitures en plus, sans garage. Ils mettent leur voiture où ? »

Blaise François-Dainville, du groupe d’opposition Verneuil l’avenir ensemble, souligne lui aussi le tarif qu’il juge excessif. « À Villennes, le stationnement est gratuit pour deux voitures et à Mantes-la-Jolie il est de 30 euros. » Michel Debjay répond que ce tarif se situe dans « la fourchette basse, 30 % moins cher » des communes étudiées. Dans un premier temps, les cartes ne seront disponibles que pour le premier véhicule des 257 foyers concernés, pour 370 places disponibles dans le secteur. Pour un deuxième véhicule, il en coûtera 180 euros, de même que pour les ­professionnels.

L’opposant regrette également la forme de la délibération, permettant d’étendre les zones de stationnement résidentiel payant par arrêté municipal. « Notre recommandation c’est qu’un plan de stationnement urbain soit élaboré au préalable », conclut-il. « On sait que ce qu’on fait s’inscrit dans le cadre d’un projet plus global de circulation et d’urbanisation de la ville, c’est évident, répond l’adjoint à la sécurité. On ne va pas adopter une politique de gribouille qui consiste à construire et à déconstruire ensuite. » Quant aux retombées espérées, le maire, Fabien Aufrechter (LREM), se montre lucide : « Aujourd’hui nous ne sommes pas dans une logique de toute manière de générer de l’argent nous sommes dans l’optique de générer un trafic qui sera le plus fluide possible et surtout un parking qui soit plus propre pour les riverains et la commune. »

Fabienne Huard, du groupe Alternative citoyenne pour Verneuil, a elle une idée quant à cette réaffectation. « L’idée si c’est de réguler, c’est que du coup il va y avoir de la verbalisation, on suppose plus intensive pour les non-résidents qui dépasseraient le temps du disque, fait-elle remarquer. […] Ça fait un moment que j’habite à Verneuil, ce n’est pas forcément verbalisé. » Une affirmation que les élus de la majorité contestent, précisant que les verbalisations ont été suspendues dans le cadre de la crise sanitaire. « On parle donc d’une politique de verbalisation plus intense et donc du coup on en revient aux moyens humains pour faire ça », ­insiste-t-elle de la réaffectation.