« Une personnalité marquée par des traits borderlines, atteinte d’un trouble psychique », c’est de cette façon qu’a été dépeinte la femme qui comparaissait, jeudi 3 juin, devant le tribunal correctionnel de Versailles pour outrage a personnes chargées d’une mission de service public.

Âgée de 29 ans et originaire de Triel-sur-Seine, cette dernière avait totalement perdu le contrôle après avoir été victime d’un accident de la route face à un bus de la société Transdev au mois d’avril. Ce jour-là, elle avait été percutée, à bord de sa voiture, aux Mureaux, au niveau du rond-point du centre commercial Espace. Ne s’entendant pas avec le chauffeur de bus sur la rédaction du constat, ce dernier l’invite alors à se présenter au siège social de la société de ­transport à Verneuil-sur-Seine.

Le 19 avril, la Trielloise arrive donc sur place en colère et s’en prend aux employés qui la reçoivent en les insultant. « T’as une tête de mécréant, je ne parle pas avec toi, sale noir… », énumère entre autres le juge des propos rapportés par les victimes. Mise à la porte, cette dernière se représente les deux jours suivants avec une ­attitude de plus en plus dangereuse.

« Lorsqu’elle est revenue, elle indiquait des dégâts plus importants sur son véhicule, la signature de son constat lui a donc été refusée », rapporte le juge en notant de nouvelles insultes racistes. Le 21 avril, lorsque la Trielloise se présente au siège de Transdev pour la troisième fois, elle est cette fois armée d’un « pic de remorquage de 23 centimètres », qu’elle brandit devant les employés pour se faire entendre. « La scène a été filmée par l’un des agents », rapporte d’ailleurs le juge de l’enquête des policiers prévenus par ces derniers.

Lors de son audience, la prévenue a tenu à « retirer » ses propos en prétendant qu’elle ne connaissait pas les significations de ceux-ci. Pour elle, elle se serait faite berner par le chauffeur de bus qui lui avait promis qu’on lui accorderait un arrangement. « Il m’a amadoué, il m’a dit mon patron il va te rembourser la voiture, je lui ai fait confiance, raconte-t-elle en théâtralisant la scène dans le box des accusés. Après ils me disaient qu’ils ne ­signeraient pas, ça m’a rendue dingue ».

Un mea-culpa un peu tardif cela dit pour l’avocate des trois agents de la société Transdev pris à partie, qui se sont constitués partie civile dans le cadre de cette procédure. « Lorsqu’elle est entendue par les policiers, elle assume ses propos, aussi graves soient-ils et ne retire rien », tonne-t-elle.

En guise de plaidoirie, son avocate a suggéré que ce dossier requérait « plus du curatif que du préventif » en demandant un accompagnement médical. Les juges, suivant les réquisitions de la procureure de la République, l’ont condamnée à purger six mois de prison dont trois avec sursis probatoire et à une obligation de soins. De même, elle devra verser aux trois agents qu’elle a menacés et insultés, les sommes de 1 000 et 500 euros , au titre des dommages et intérêts et s’est vue interdire la présence dans la commune de ­Verneuil-sur-Seine.