« Au bout du bout. » C’est ainsi que le maire de Bennecourt et candidat aux élections départementales avec le soutien de La République en Marche, Didier Dumont, décrit le canton de Bonnières-sur-Seine qui regroupe 69 communes. Pour l’ensemble des candidats, ce canton essentiellement rural présente de nombreux atouts en raison notamment de sa proximité avec la Normandie. Néanmoins, selon eux, ils ne seraient pas suffisamment exploités au point que la majorité des candidats se sentent « oubliés » par le Département. La question de l’amélioration des transports ainsi que la réfection du collège de Bonnières-sur-Seine ont notamment été ­particulièrement abordés.

« C’est quand même un canton qui est délaissé, oublié », se désole la candidate et référente de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) dans les Yvelines, Eloïse Venancio, en comparant les actions faites dans le canton de Bonnières-sur-Seine à celles faites sur les autres cantons yvelinois et notamment en termes de transports. Alors que son adversaire, Didier Dumont, évoque le fait que l’arrivée d’Eole en gare de Mantes-la-Jolie à l’horizon 2024-2025 risque d’accentuer encore ce sentiment sur le canton, Eloïse Venancio insiste quant à elle sur les embouteillages formés sur la route reliant Freneuse à Mantes-la-Jolie via Rosny-sur-Seine.

« Le péage, cela oblige les gens qui habitent là et qui n’ont pas les moyens de payer deux, trois euros le matin et deux, trois euros le soir pour rentrer chez eux [à] prendre tous la même route, explique Eloïse Venancio. Cela provoque des bouchons ! […] Il y a une file sur tout Rosny, cela prend tout le village et cela monte jusqu’à Rolleboise et on se dit « Comment est ce-qu’on ne pense pas à mieux aménager le territoire ? » » Selon la candidate, pour résoudre en partie ce problème, il faudrait notamment augmenter le nombre et la fréquence des transports en commun pour inciter les automobilistes à délaisser leurs voitures. Alors que la question des transports en commun n’est pas une compétence départementale mais régionale, son binôme, Pierre Krasucki (PCF), insiste sur le fait que le Département peut néanmoins appuyer cette demande auprès de la Région.

« Il est grand temps de [faire] une politique égalitaire, une politique qui doit reprendre en compte toutes les structures du Département, pas certaines par rapport à d’autres, sans favoritisme », affirme le candidat soutenu par La République en Marche, Didier Dumont, sur la gestion des collèges.

Une volonté que porte également le candidat RN, Laurent Morin. « Sur le thème spécifique du transport, c’est une compétence de la Région mais rien n’empêche le président du [Département] ou les conseillers départementaux de faire les bons constats concernant cette problématique sur l’ensemble du territoire et ensuite d’en discuter avec des acteurs politiques qui [en] ont la compétence, de pousser dans ce sens-là », affirme-t-il avant d’ajouter : « Le Département ne va pas outrepasser ses obligations mais, voilà, c’est de la relation publique aussi la politique. »

Conscient des enjeux liés à la mobilité, le candidat du parti de la majorité actuelle, Ensemble pour les Yvelines (EPY), Patrick Stefanini (LR), affirme qu’il souhaite notamment plaider auprès de la présidente de Région et d’Île-de-France mobilités (IDFM), Valérie Pécresse (Libres), « pour qu’elle accepte de développer les lignes de bus régulières notamment en soirée ». Le candidat souhaite également appuyer sa demande concernant le transport à la demande et « qui n’existe pas sur le territoire de la communauté de communes des portes de l’Île-de-France qui couvre le ­Bonniérois ».

Quoi qu’il en soit, Eloïse Venancio ajoute que le conseil départemental pourrait également aider au financement du permis de conduire pour aider à la recherche d’emplois. « Si on favorise aussi le permis de conduire vu que les transports, ça n’est pas trop ça, cela permet aussi à des jeunes et des moins jeunes de pouvoir plus facilement accéder à un emploi. Il peut y avoir des aides, cela se fait dans certains Départements, cela se fait même dans certaines ­municipalités », détaille-t-elle.

« Le péage cela oblige les gens qui habitent là et qui n’ont pas les moyens de payer deux, trois euros le matin et deux, trois euros le soir pour rentrer chez eux [à] prendre tous la même route », explique la candidate et référente de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) dans les Yvelines, Eloïse Venancio accompagnée de son binôme, Pierre Krasucki (PCF).

En ce qui concerne le transport des collégiens, Patrick Stefanini affirme que « les transports scolaires qui sont de la responsabilité du Département donnent globalement satisfaction ». Ce n’est en revanche pas forcément le cas des établissements scolaires et en particulier celui de Bonnières-sur-Seine qui a fait réagir les candidats. « Actuellement on est dans une situation ubuesque où les collégiens de Freneuse vont au collège à Rosny-sur-Seine alors que ceux de la boucle de la Seine, Moisson, Mousseaux etc. vont à Bonnières ce qui est évidemment ubuesque », reconnaît le candidat. Eloïse Venancio et Pierre Krasucki déplorent également ce constat.

Dans le cadre d’un plan de 525 millions d’euros annoncé par le Département pour reconstruire 15 collèges d’ici 2026, le collège de Bonnières-sur-Seine ne figurait pas dans la liste contrairement à l’établissement François-Mauriac à Houdan. Pourtant, Patrick Stefanini l’assure : « À Bonnières, Pierre Bédier (président du conseil départemental, Ndlr) étudi[e] » le problème du collège dans le but de l’agrandir. « L’objectif c’est d’agrandir en tout état de cause le collège de Bonnières soit dans le cadre d’une rénovation soit dans le cadre d’une reconstruction pour permettre un meilleur accueil à Bonnières, en tout cas un meilleur accueil sur le secteur de Bonnières, et permettre aux collégiens de Freneuse de revenir sur un collège beaucoup plus proche que Rosny », détaille le candidat EPY.

« L’objectif c’est d’agrandir en tout état de cause le collège de Bonnières soit dans le cadre d’une rénovation soit dans le cadre d’une reconstruction pour permettre un meilleur accueil à Bonnières […] et permettre aux collégiens de Freneuse de revenir sur un collège beaucoup plus proche que Rosny », détaille Patrick Stefanini (LR) (au centre) du parti de la majorité départementale actuelle, Ensemble pour les Yvelines.

« J’ai vu qu’un de nos adversaires, un de nos opposants se réveillait d’un coup en disant « on va faire Bonnières » […]. Je pense que c’est bien de l’avoir découvert maintenant mais, pourquoi, cela ne figurait pas dans les projets du conseil départemental ? Cela tombe comme un cheveu dans la soupe », déplore Didier Dumont de l’annonce faite par Patrick Stefanini et qui souhaite, lui aussi, reconstruire le collège de Bonnières qu’il juge « obsolète ».

« Il est grand temps de [faire] une politique égalitaire, une politique qui doit reprendre en compte toutes les structures du Département, pas certaines par rapport à d’autres, sans favoritisme. Il faut vraiment avoir un constat objectif, ici, il faut refaire quelque chose », ajoute Didier Dumont au sujet de la gestion des collèges faite par le Département.

« Il serait bon d’accélérer le développement de la vidéosurveillance qui existe déjà dans un certain nombre de communes sur la voie publique », affirme Laurent Morin (RN) de sa volonté de mettre des caméras au niveau des collèges.

Pour Laurent Morin, la gestion des collèges par le conseil départemental doit également passer par plus de sécurité dans les établissements scolaires. « Il se passe également des faits de violence, de harcèlement à l’intérieur, à l’extérieur des collèges et je crois qu’il serait bon d’accélérer, par exemple, le développement de la vidéosurveillance qui existe déjà dans un certain nombre de communes sur la voie publique », affirme-t-il en précisant que l’emplacement précis de ces caméras devra être déterminé en partenariat avec « les chefs d’établissements, l’éducation nationale, avec les mairies, avec tous les acteurs locaux ».

Sur la question de la sécurité qui n’est pas une compétence obligatoire du Département, Patrick Stefanini assure néanmoins que le Conseil départemental aide déjà dans la « construction de gendarmeries ». Selon lui, le Département envisage également d’ « aller plus loin en matière de vidéoprotection et souhaite permettre aux communes [rurales] de disposer de davantage de caméras mais aussi de permettre aux communes d’exploiter ces caméras de manière plus efficace qu’aujourd’hui grâce à un visionnage 24 heures sur 24 des images captées par les caméras ». Pour cela, le Département envisagerait de s’appuyer sur le syndicat interdépartemental Seine Yvelines Numérique.11