Comme un air de 2015. C’est ainsi que l’on pourrait analyser les résultats (voir page 9) du scrutin de dimanche dernier. Le second tour verra donc s’opposer Pierre Bédier (LR), qui distance très largement son opposant, l’ancien maire mantevillois Cyril Nauth (RN), avec 1 862 voix d’écart. Divisée avec quatre listes, la gauche sera, une fois de plus, absente du second tour, même si la liste d’union PS-FI-EELV d’Audrey Hallier et Dylan Guelton arrive en 3e position avec 501 voix de retard sur Cyril Nauth. Cependant, le risque de démobilisation des électeurs, en particulier de gauche, sur le canton est fort, les cinq autres listes ne donnant pas de consignes de vote particulières.

« Par rapport à la dernière élection départementale on progresse de presque deux points, c’est quand même pas mal, avec une abstention record, note ainsi Pierre Bédier. On sera contre le [Rassemblement] national au deuxième tour mais un RN qui a perdu huit points en six ans. » Lui appelle à la mobilisation de ses électeurs, et au-delà. « J’ai quand même été assez frappé de voir une grande participation de nos électeurs, je l’ai vu, nous l’avons vu, insiste-t-il. […] On va bien leur rappeler que ce n’est pas gagné, ça n’est pas parce qu’on a fait, c’est une des difficultés, la majorité absolue au premier tour qu’on est sûrs d’être élus au deuxième tour si effectivement ce ne sont pas les mêmes qui sont allés voter, il y a toujours un risque. »

Son adversaire, Cyril Nauth, arrivé en tête dans les communes de Buchelay, Magnanville et Mantes-la-Ville voit lui une victoire « symbolique » dans ces résultats : « Ce n’était pas forcément gagné puisque le binôme de Pierre Bédier est la première adjointe (mantevilloise, Nathalie Pereira, Ndlr), Pierre Bédier a abondamment arrosé de subventions depuis un an [la commune] … » Plusieurs listes ayant appelé à en finir avec le « système Bédier », il se positionne comme une alternative : « À un moment donné quand on veut mettre un terme au système clientéliste […], quand on veut combattre la corruption il faut être cohérent, le seul moyen d’éliminer Pierre Bédier c’est de voter pour moi. »

Ce lundi, au moment de mettre sous presse le journal, le report de voix vers l’un ou l’autre des deux candidats ne semblait pas être au programme des binômes disqualifiés. « Il y a des évidences pour n’importe qui à gauche, c’est pas une seule voix pour le FN », assène Audrey Hallier, qui se montre « fière » du travail effectué dans le cadre de cette campagne, mais regrette la division. « Il nous manque 500 voix à peu près, ces 500 voix étaient largement disponibles dans le réservoir de Marc Jammet et de Michel Lebouc », regrette-t-elle.

Concernant le non-report de voix au RN, Marc Jammet suit la ligne et ajoute dans un communiqué de presse : « La candidature de Pierre Bédier ne peut pas représenter une issue. C’est le représentant d’une droite locale affairiste, embourbée maintenant dans des affaires judiciaires à répétition qui a contribué d’ailleurs à donner une forte assise locale à l’extrême-droite. »

Arrivée en 4e position, Khadija Moudnib estime dans un communiqué de presse que « ces deux candidats mèneront le Mantois dans le mur » et appelle à « construire une alternative crédible pour le Mantois et les Yvelines pour ne pas rester otages d’un projet qui a échoué et détruit jour après jour le cadre de vie et l’espace démocratique ».

Résultats de Mantes-la-Jolie

44 230 inscrits – 27,52 % de participation
Votes blancs : 321 – Votes nuls : 212
Pierre Bédier – Nathalie Pereira (LR – LREM) : 37,19 %
Mathilde Androuët – Cyril Nauth (RN) : 21,19 %
Dylan Guelton – Audrey Hallier (EELV – FI) : 16,88 %
Alain Le Cam – Khadija Moudnib (LREM) : 12,31 %
Jean-Philippe Blot – Martine Soret (DVG – PCF) : 5,24 %
Marc Jammet – Binta Sy (communiste – SE) : 5,04 %
Juliette André – Jack Lefebvre ( POID) : 2,15 %