Depuis la fin du mois de mai, la Protection civile yvelinoise a recruté deux nouveaux bénévoles un peu particuliers. Epona et Febus sont en effet deux jeunes chevaux accueillis pour constituer une unité équestre. « C’est une première en France », se réjouit Arnaud Sepval, le président de la Protection civile des Yvelines à l’initiative du projet. Les deux équidés de race Auvergne vont ainsi venir épauler les bénévoles dans leurs différentes missions de secours.

À cheval, les bénévoles pourront intervenir plus aisément et plus rapidement dans les chemins escarpés, les forêts ou encore sur certaines voies piétonnes. « Par exemple, quand on fait des trails, si on y va à vélo ou en véhicule, on est au même niveau que les coureurs, donc en fait, on va plus être un handicap, alors que lorsqu’on est à cheval, on est visible de loin, souligne Arnaud Sepval convaincu de la complémentarité apportée par la nouvelle brigade. Et ça peut nous faire gagner de précieuses minutes dans le cas d’un arrêt cardiaque ou d’une détresse vitale, car on pourra projeter du matériel et du personnel rapidement (avant l’arrivée d’une ambulance, Ndlr). »

Les deux chevaux seront également mis à contribution lors des maraudes sociales ou pour venir en appui de la police dans les recherches de personnes disparues. Aujourd’hui composée de six cavaliers, l’unité équestre est aussi pour le président de l’association un levier pour le recrutement de nouveaux bénévoles. « Les personnes ont la possibilité de rentrer en étant cavalier chez nous et on s’occupe de leur parcours secours », détaille-t-il. Une solide expérience équestre reste néanmoins primordiale pour pouvoir postuler.

Installés dans un herbage dans la commune d’Hardricourt, Epona et Febus sont encore en phase d’acclimatation.

Les deux chevaux, âgés de six et sept ans, sont loués à un éleveur du Puy-de-Dôme. Pour l’association yvelinoise cela représente un coût de 400 euros par mois auquel il faut rajouter notamment les frais d’alimentation. Sélectionnés pour leur profil « passe-partout, calme et curieux », Arnaud Sepval précise que « ce sont des aspects importants en matière de secours parce qu’en intervention ils risquent moins d’être effrayés ».

Pour le moment, Epona et Febus sont encore en phase d’acclimatation. Ils sont installés dans un herbage, mis à disposition par la commune d’Hardricourt et sécurisé par les bénévoles et les services de la Ville. Avec ce terrain, l’association à d’ailleurs la possibilité d’accueillir jusqu’à cinq chevaux. « On ne les a pas encore envoyés en mission, pour l’instant on reste sur des sorties proches de façon à ce qu’ils s’habituent aux bruits, à la circulation… », explique Adrien Delaveyne, l’un des bénévoles venu vérifier l’enclos un samedi matin. Pour pouvoir transporter ses nouveaux compagnons à travers le département, la protection des Yvelines a lancé une campagne de financement participatif en ligne de façon à financer l’achat d’un van.